mercredi 24 septembre 2014

Tabac : l'efficacité controversée du paquet de cigarettes neutre

DÉCRYPTAGE - L'introduction du paquet neutre doit être la mesure phare du projet de lutte contre le tabac de Marisol Touraine. Jusqu'à présent, seule l'Australie a mis cette mesure en place. Depuis deux ans, chercheurs et industriels s'affrontent sur ses effets.

Un marchand de tabac en Australie après l'introduction de la loi sur les paquets de cigarettes neutres
La ministre de la Santé Marisol Touraine s'apprête à présenter son grand plan de lutte contre le tabac. L'introduction du paquet de cigarettes neutre, c'est-à-dire sans le logo et les couleurs de la marque, doit en être la mesure phare.

Le seul pays au monde a avoir déjà introduit cette mesure est l'Australie, avec la Loi sur le paquet de tabac neutre votée en 2011 et en application depuis le 1er décembre 2012. Le Canada y avait pensé dans les années 1990, mais avait reculé face aux industriels. L'Australie est ainsi devenu un laboratoire pour les chercheurs du monde entier et les industriels du tabac, inquiets des velléités d'imitation des autres gouvernements.

Bataille de chiffres

En Australie, les industriels du secteur déversent depuis plusieurs mois une avalanche d'études qui montrent l'échec de cette politique. Certains s'appuient sur des études universitaires, comme celle du département d'Économie de l'université de Zurich, selon laquelle il n'y aurait "aucune preuve de la réussite de cette politique". Mais l'étude se base sur les données d'un institut privé australien sur les jeunes fumeurs, entre décembre 2001 et décembre 2013, alors que le paquet neutre n'est totalement en vigueur que depuis décembre 2012. Une fourchette très large, donc, et qui sous-entend que l'absence de résultats en quelques mois signifie un échec.

Le professeur David Currow, directeur de l'institut de recherches sur le cancer du New South Wales (un organisme créé par le gouvernement), critique l'absence de transparence des études de l'industrie du tabac. "La véritable efficacité de cette mesure doit être observée dans le temps", fustige-t-il dans le Sydney Morning Herald. Lui s'appuie, entre autres, sur une étude publiée dans la revue BMJ Open qui affirme que l'introduction du paquet neutre a poussé davantage de gens à arrêter de fumer, créant notamment un sentiment de "moindre qualité" du tabac. "Nous observons une diminution des taux de tabagisme, et ce n'est pas un accident", poursuit le professeur.

De même, les industriels affirment que les ventes ont augmenté dans l'année qui a suivi l'introduction des paquets neutres. À l'opposé, les organismes gouvernementaux, tels que le ministère de la Santé et l'Office nationale des statistiques, affirment que les ventes sont à leur plus bas niveau historique.

Le paquet neutre n'est pas une politique a lui tout seul

Difficile en réalité de déterminer les véritables effets du paquet neutre alors que moins de deux ans se sont écoulés depuis son entrée en vigueur. Le gouvernement a tout intérêt à défendre sa politique, et les industriels à affirmer son inefficacité. Surtout, le paquet neutre n'est qu'un élément de l'arsenal législatif de lutte contre le tabac. En Australie, il a été accompagné d'une augmentation des taxes, donc du prix. De même en France, les politiques publiques s'appuient sur l'augmentation des prix pour faire diminuer la consommation.

Ainsi, une étude de Sir Cyril Chantler, chercheur au King's Cross College au Royaume-Uni, publiée le 3 avril 2014, affirme que "les paquets standardisés sont susceptibles de contribuer dans une modeste mais non-négligeable mesure à la diminution du tabagisme". Cependant, il précise qu'il est impossible de prouver qu'ils suffiraient à eux-seuls à produire cette diminution.

Ainsi, en France, le programme national de réduction du tabagisme défendu par Marisol Touraine prévoit d'autres mesures, telles qu'une campagne de publicité, mais pas d'augmentation des taxes. De même, le nombre légal de paquets de cigarettes achetés à l'étranger a été revu à la baisse, et les contrôles frontaliers doivent être intensifiés.

De 8 à 22 ans de prison requis contre les auteurs d'un spectaculaire braquage à Lyon

Policiers rassemblés devant le bureau de change global Cash victime d'un braquage en plein jour, le 24 septembre 2010 dans le centre de Lyon - Photo de Philippe Merle - AFP/Archives © 2014 AFP
De 8 à 22 ans de prison ont été requis mercredi devant les assises du Rhône à l'encontre de six hommes accusés d'avoir participé à un spectaculaire braquage à l'arme de guerre dans le centre-ville de Lyon en 2010.
Les plus fortes peines de 20 à 22 ans de réclusion criminelle, requises par les deux avocats généraux ciblent Idress Mekhilef, 31 ans, décrit comme le "leader du groupe" et Samir Belghazi qui est suspecté par l'accusation d'avoir pris en otage un passant et tiré dans les rues de Lyon avec une kalachnikov pour couvrir la fuite des malfaiteurs, blessant sérieusement un automobiliste.
Visage émacié, fermé, fines lunettes, Samir Belghazi, 33 ans, dispose d'un lourd casier judiciaire et purge une longue condamnation dans un autre dossier de vol à main armé, mais clame son innocence.
Des six jeunes hommes originaires de la banlieue lyonnaise renvoyés aux assises pour notamment des faits de "vol à main armée en bande organisée" et "association de malfaiteurs", il est le seul à ne pas reconnaître - au moins partiellement - les faits.
Depuis le box des accusés, Idress Mekhilef a qualifié le réquisitoire de "mascarade" et a lancé des applaudissements ironiques à l'adresse des avocats généraux.
Au même titre que Samir Belghazi et un autre accusé, Brahim Ouis, contre qui 18 ans de prison ont été requis, Mekhilef encourt la réclusion criminelle à perpétuité car ces trois hommes se trouvent en état de récidive légale.
Les autres peines requises s'échelonnent de 8 à 16 ans de prison.
Au cours de ce réquisitoire à double voix, l'avocate générale Fabienne Goget a dépeint le commando de cinq braqueurs aidé d'un complice comme "des gangsters d'une nouvelle génération: violents, impulsifs, prêts à tout".
Commis le 24 septembre 2010, soit il y a quatre ans jour pour jour, le braquage éclair du bureau de change Global Cash, le dernier en date d'une longue série dans l'agglomération lyonnaise, avait causé un grand émoi dans la capitale des Gaules transformée en "Chicago" selon l'image du deuxième avocat général, Philippe Renzi.
Pour un butin estimé à 240.000 euros, les badauds d'une artère commerçante de Lyon avaient été tenus en respect par des malfrats puissamment armés, un homme avait été pris en otage et un jeune automobiliste avait reçu une balle tirée par une kalachnikov lors de la fuite des braqueurs.
Le malfaiteurs étaient filés depuis plusieurs semaines par les policiers de la brigade de recherche et d'intervention (BRI) de l'ex-superflic Michel Neyret et les premières interpellations étaient intervenues dès le lendemain du braquage.
Au cours des débats, les avocats de la défense ont tenté de faire de ce procès celui des méthodes policières et plus particulièrement de l'antigang. Un argumentaire battu en brèche par le ministère public.
Le verdict est attendu vendredi.

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