La France est prête à participer «dans le respect du droit international» à une coalition internationale pour lutter contre l’Etat islamique en Irak, a déclaré vendredi le président français François Hollande, excluant pour l’heure une action en Syrie. «La France est prête à agir dans le respect du droit international» contre l’Etat islamique en Irak, a déclaré Hollande, en posant également comme préalable un «cadre politique» avec la constitution d’un gouvernement irakien.
«Est-ce que nous allons participer à une alliance à la demande des autorités irakiennes dans le cadre du droit international pour lutter contre cette organisation terroriste ? La réponse est oui», a déclaré le président français lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet de l’Otan à Newport. Hollande, dont le pays livre des armes aux peshmergas kurdes qui combattent les jihadistes dans le nord de l’Irak, s’est refusé à entrer dans les détails de futures actions de la France.
Les Etats-Unis, qui procèdent depuis début août à des frappes aériennes dans le nord de l’Irak pour stopper l’avancée de l’EI, ont appelé vendredi à Newport à la constitution d’une vaste alliance pour «détruire» l’organisation jihadiste. L’Etat islamique, qui a lancé en juin une offensive fulgurante et pris le contrôle d’une large partie du nord de l’Irak, est également présent en Syrie et a proclamé l’établissement d’un califat islamique à cheval sur les deux pays.
Mais Hollande a exclu pour l’heure une action en Syrie, dont les autorités et le président Bachar al-Assad ne sont pas reconnus par Paris. La Syrie «est un cas différent», a-t-il dit. «Sur la Syrie nous ne sommes pas engagés dès lors que nous n’avons pas la preuve suffisamment claire que ce que nous pourrions faire pourrait profiter à Bachar al-Assad», a-t-il ajouté.
«Cela n’empêche pas d’agir puisque nous avons déjà agi en aidant l’Armée libre syrienne (rébellion reconnue comme légitime par la France), mais cela exigera d’autres conditions parce que nous ne sommes pas dans les mêmes situations de droit international. Dans un cas, l’Irak, ce sont les autorités que nous considérons comme légitimes qui nous appellent. Dans l’autre, qui nous appellerait ?», a-t-il dit.

DÉCISION FIN OCTOBRE POUR LE «MISTRAL»

Concernant la livraison de deux navires de classe «Mistral» à la Russie, François Hollande a indiqué qu’il déciderait «à la fin du mois d’octobre» si elle aurait lieu, «en fonction de la situation», affirmant qu’il faudrait «un cessez-le-feu et un accord politique suffisamment avancé».
«J’ai considéré qu’il n’était pas possible de livrer le premier bâtiment à la fin du mois d’octobre alors même qu’il y avait la preuve que des militaires russes pouvaient être engagés en Ukraine», a déclaré Hollande. Il a rappelé les conditions posées à une telle livraison : «qu’il y ait un cessez-le-feu et un accord politique suffisamment avanc黫Je prendrai donc ma décision à la fin du mois d’octobre en fonction de cette situation», a-t-il indiqué.
Un cessez-le-feu a été signé entre Kiev et les rebelles prorusses vendredi à Minsk et il devait entrer en vigueur à 17 heures. Aucune précision n’a été donnée sur la durée du cessez-le feu qui constitue un succès pour les séparatistes et la Russie, dans la mesure où il est susceptible d’entériner la perte pour Kiev de plusieurs villes de l’est de l’Ukraine après l’avancée victorieuse ces dernières semaines des rebelles, aidés sur le terrain par des militaires russes sur place, selon les Occidentaux.