jeudi 28 août 2014

Embargo russe: résister en France en mangeant des pommes comme les Polonais

Paris - Les producteurs français de pommes appellent les Français à faire comme les Polonais et à manger des pommes de leur pays en le faisant savoir pour résister à l'embargo russe sur les produits alimentaires européens.

 Les producteurs français appellent les Français à manger leurs pommes pour résister à l'embargo russe
afp.com/Joel Saget

"J'appelle les Français à faire la même chose que les Polonais: contre l'embargo russe, croquez la pomme, faites-en des selfies et militez pour la paix commerciale", s'est enflammé Daniel Sauvaître, président de l'Association Nationale Pommes Poires (ANPP) qui représente les deux tiers de la production française.

Sur Twitter, des dizaines de personnes et personnalités polonaises publient chaque jour des photos, une pomme ou une bouteille de cidre à la main avec le hashtag #jedzjablka (mange les pommes), dans le cadre d'un mouvement de "patriotisme fruitier".

Contrairement à la Pologne, qui exportait avant l'embargo environ 500.000 tonnes de pommes chaque année vers la Russie, la France ne vendait que 30 à 45.000 tonnes de pommes en Russie, soit 3 à 4% de la production française.

Mais les pomiculteurs français vont subir les effets de l'embargo russe "par ricochet", car la Pologne risque de concurrencer la France sur ses marchés d'exportation comme l'Angleterre ou l'Algérie et tirer les prix vers le bas. D'autant que la récolte s'annonce "abondante et exceptionnelle" partout en Europe cette année, détaille Daniel Sauvaître.

La Russie a décidé début août d'un embargo d'un an sur les produits alimentaires dont les fruits en représailles aux sanctions qui la visent pour son soutien aux séparatistes ukrainiens.
Ce pays est le premier importateur de pommes au monde, avec 1,2 million de tonnes achetées par an, rappelle l'agriculteur français. A elle seule, l'Union européenne y expédiait environ 750.000 tonnes, les pays limitrophes et la Chine fournissant le reste.

En France cette année, la récolte s'annonce exceptionnelle en qualité, un peu moins en quantité avec 1,5 million de tonnes, selon l'ANPP.

Dans se dernière estimation datant de début août, le service statistique du ministère de l'Agriculture estimait lui la production à 1,67 million de tonnes, en baisse de 4% par rapport à 2013 et inférieur de 3% à la moyenne des cinq dernières années.
Avec 18 kilos par ménage, la pomme est le fruit le plus consommé en France.
Par

Un été plutôt maussade pour le tourisme français

La fin des grandes vacances approche et l'été aura été assez contrasté pour le tourisme en France, confronté aux caprices de la météo et aux réflexes attentistes et économes des clients.
"La saison touristique a été maussade cet été, comme le temps et l'humeur des Français. Mais l'avant-saison, grâce aux touristes français, et le c?ur de saison, grâce aux étrangers, devraient permettre de sauver l'ensemble", estime Didier Arino, le directeur du cabinet Protourisme.
Le début de saison en mai-juin avait bien démarré mais la situation s'est ensuite gâtée pour certains: 62% des 980 opérateurs interrogés par Protourisme évoquent une baisse de chiffre d'affaires en juillet-août.
Parmi les régions gagnantes figurent la Bretagne et la Normandie, où le soleil a été au rendez-vous et a fait le bonheur des campings. Sans briller, Paris et sa région s'en sortent correctement. Mais les résultats déçoivent sur la Côte d'Azur (un été "morose", selon la région PACA), dans le Languedoc, en Aquitaine et en Rhône-Alpes.
"Juillet a été très difficile tant pour la restauration que l'hôtellerie. Août est heureusement meilleur, mais c'est une petite saison", résume Hervé Becam, vice-président du syndicat hôtelier Umih. "L'hôtellerie s'en tire au même niveau que l'an dernier dans le Sud-Est mais baisse dans le reste de la France, et la restauration est en baisse partout", dit-il. En Dordogne, le chiffre d'affaires a même chuté de 40% en juillet.
- 800 millions d'euros de manque à gagner -
La saison en Aquitaine a été globalement "difficile", concède le Comité régional du tourisme. La météo mais aussi les "images fortes" des dégâts des grandes marées de l'hiver ont pesé.
Un restaurateur du Périgord installé sur les bords de la Vézère confie à l'AFP avoir "fait 575 couverts en juillet, contre 950 un an plus tôt".
La fréquentation des touristes a aussi chuté de 5 à 8% en Savoie et en Haute-Savoie, selon l'observatoire Savoie-Mont-Blanc-Tourisme.
Didier Chenet, co-président du Groupement national des indépendants (GNI), évoque pour les hôteliers et les restaurateurs "une très mauvaise saison en Rhône-Alpes, liée au mauvais temps".
Le cabinet Protourisme chiffre à 800 millions d'euros sur l'été le manque à gagner en France lié à la météo.
Outre la pluie et le froid, le pouvoir d'achat est en cause.
"Couramment, des clients demandent deux cuillères pour un dessert. On voit même des adultes demander un menu enfant...", note Hervé Becam.
Les vacanciers se débrouillent au mieux. Et in fine, 97% disent avoir passé de bonnes vacances, selon un sondage CSA pour Club Méditerranée.
Du côté des opérateurs, selon Protourisme les gagnants sont "ceux qui avaient anticipé un marché atone et tout mis en ?uvre pour décrocher tôt des réservations de la clientèle". "Ils ont ainsi échappé à l'effet météo négatif".
Le Club Med affiche malgré la météo plus de 80% de taux de remplissage cet été dans ses villages de montagne, indique le directeur général France, Sylvain Rabuel.
"Globalement, les +gros+ et les réseaux s'en sortent mieux que les +petits+ et les indépendants. C'est la prime à la technologie et à la visibilité sur internet", commente Didier Arino.
Parmi les gagnants: les Gites de France, qui réunissent 60.000 hébergements à prix abordable (en moyenne 490 euros par semaine), ont fait un bon été, dit à l'AFP la directrice générale de la fédération, Anne-Catherine Péchinot, évoquant une hausse de 2% du volume d'affaires en juillet et supérieure à 2% en août.
Le site Abritel (locations entre particuliers) a, lui, vu les demandes de réservation progresser de 8% en juillet-août, indique le directeur général France Xavier Rousselou. Notamment vers l'Espagne et le Portugal, "moins chers".
Pour les campings, "on s'achemine globalement vers un été moins bon que l'an dernier, mais avec un recul modéré étant donné le contexte", dit à l'AFP le président de la fédération FNHPA, Guylhem Féraud. "En nuitées, on a nettement baissé en juillet partout en France sauf en Bretagne et août devrait finir à peu près stable. Mais les marges reculent".

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