mercredi 10 septembre 2014

Groupe Facebook antiradars: suspensions de permis requises contre les membres

     Les quinze accusés sont soupçonnés d'avoir averti des automobilistes de la présence sur les routes de forces de l'ordre. - © Jeff Pachoud - AFP

Des suspensions de permis ont été requises contre quinze membres d'un groupe Facebook antiradars jugés mardi. Ils prévenaient d'autres utilisateurs de la position des forces de l'ordre sur les routes de l'Aveyron. Le jugement a été mis en délibéré au 3 décembre.

Peut-on prévenir ses amis de la présence de radars sur les routes sans être inquiété? Des suspensions de permis de 15 jours à 4 mois ont été requises mardi contre quinze membres d'un groupe Facebook antiradars, lors d'un procès inédit où la défense a plaidé "l'hypocrisie" de la loi.
Le jugement a été mis en délibéré au 3 décembre prochain à 14h. S'en prenant à Facebook, dont il a avoué n'être pas membre, le procureur de Rodez, Yves Delpérié, a dénoncé une "blogosphère où tout serait permis". 

"Eviter d'être pris"

Quinze prévenus répondaient de "soustraction à la constatation des infractions routières". Parmi eux, huit sont également poursuivis pour "outrages" après avoir qualifié les gendarmes sur la page Facebook de noms d'oiseaux peu amènes. A l'encontre de ces derniers, le procureur a requis des amendes de 300 à 500 euros.
"Tu vois une camionnette bleue, un radar, des motards... viens le signaler", appelle sur sa page toujours ouverte le groupe Facebook "qui te dit où est la police en Aveyron", et ce depuis sa création en 2012.
"On peut difficilement prétendre qu'un groupe qui s'intitule ainsi n'a pas pour but de dire où sont les gendarmes", a lancé le procureur. "Vous voulez éviter d'être pris, consultez Facebook", a-t-il ajouté.
Interrogé par BFMTV.com en juin dernier, un des automobilistes cités à comparaître avait confié sa stupéfaction: "Je n'ai signalé qu'une seule fois la présence d'un radar, et je n'étais même pas au volant ce jour-là: ma femme conduisait", avait-il assuré.

"Hypocrisie"

La défense a dénoncé une "hypocrisie" de la justice, en faisant valoir que les systèmes d'aide à la conduite fournissaient les mêmes informations, tout en étant totalement légaux.  Ces dispositifs "sont les grands absents de ce procès", a lancé dans sa plaidoirie l'avocat Rémy Josseaume, expert en droit automobile, qui défendait 11 des 15 prévenus devant le tribunal correctionnel de Rodez.
L'avocat a également cité, exemplaire en mains, le magazine Autoplus, qui publie une carte des radars très précise. Le conseil a en conséquence demandé "la relaxe ou une dispense de peine" pour ses clients, après avoir ironisé en lançant peu avant l'audience: "Voilà les terroristes du Net".
Les associations pour la sécurité routière voient, elles, un dangereux instrument dans ce groupe Facebook. "La vitesse tue et le fait qu'on essaie de déjouer les systèmes de contrôle, c'est se mettre en danger et mettre en danger la vie d'autrui", estime Bernard Stasiowski, directeur de l'association Prévention routière dans l'Aveyron. "Il faut arrêter ces réseaux sociaux et que tout le monde respecte la vitesse", ajoute-t-il, soulignant le formidable bond du nombre de tués qu'a connu le département en 2013: +126% (34 contre 15 en 2012), alors que l'ensemble de la France avait connu à la même époque une baisse de plus de 10%.

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