vendredi 3 août 2012

BHL «déçu» par François Hollande sur le dossier syrien


Bernard-Henri Lévy avait encouragé Nicolas Sarkozy à faire intervenir la France en Libye en 2011
Bernard-Henri Lévy avait encouragé Nicolas Sarkozy à faire intervenir la France en Libye en 2011 Crédits photo : BERTRAND GUAY/AFP

Le philosophe, qui avait voté pour le socialiste, considère qu'il est temps que le chef de l'État prenne exemple sur Nicolas Sarkozy dans sa gestion du conflit libyen.

«Je suis déçu par Hollande.» Les critiques du philosophe français Bernard-Henri Lévy sur la gestion du dossier syrien par le président de la République sont implacables. Deux mois après avoir déclaré qu'il fallait «chasser» Bachar el-AssadFrançois Hollande «n'a pas fait ce qu'il avait promis le 29 mai», regrette l'intellectuel dans une interview au Parisien.
Bernard-Henri Lévy aurait voulu que celui pour qui il a voté en mai dernier s'empare de la question syrienne efficacement. «Mais là, devant ce qui restera peut-être comme la grande épreuve historique, politique, morale, du quinquennat, cet attentisme, ce flot de bonnes paroles sans effet, ce n'est plus possible», déclare-t-il.

«Il manque un pilote dans l'avion»

Face aux veto russe et chinois, BHL préconise de «passer outre». À l'image de Nicolas Sarkozy, que le philosophe avait qualifié de tenace, déterminé et courageux pour son engagement dans la résolution de la crise en Libye. Le philosophe rappelle que, le 10 mars 2011, devant l'éventualité d'un veto du couple russo-chinois soulevé par les représentants libyens lors d'une réunion à l'Élysée, Nicolas Sarkozy avait déclaré: «On fera comme au Kosovo. Avec les Britanniques, la Ligue arabe et certains États africains, on passera outre.»
Selon l'intellectuel, la présidence du Conseil de sécurité que la France a prise mercredi arrive au bon moment. «On va voir ce que Fabius en fera. L'histoire n'est jamais complètement écrite, vous savez. Et il n'est pas rare qu'une parole, une simple parole, si elle est inspirée et forte crée un électrochoc mondial et touche la conscience universelle. Y compris, pourquoi pas, la conscience chinoise ou russe. Attendons, espérons.»
Mais si les discours ne sont pas suffisants, «les plans d'attaque sont prêts, admet-il. Il ne faut pas grand-chose, chacun le sait, pour donner le coup de grâce au régime. Il manque juste un pilote dans l'avion. Et, même si les avions sont turcs, le pilote peut et doit être français.»

Zone euro : "Un énorme problème d’autorité politique"


Les dernières annonces de la BCE ont déçu les marchés. Peut-on éviter un éclatement de la zone euro ? L'analyse de l'économiste Nicolas Veron.


"Nous sommes face à un énorme problème d’autorité politique au niveau européen" (Sipa)
"Nous sommes face à un énorme problème d’autorité politique au niveau européen" 

Mario Draghi avait déclaré la semaine dernière que la Banque centrale européenne (BCE) "est prête à faire tout ce qui était nécessaire pour sauver l'euro". Les marchés semblent déçus des annonces de ce jeudi 2 août. Que faut-il en penser ?
- On n’est pas sorti de la phase de volatilité, et cette réunion est loin d'être le dernier épisode. La BCE a donné un signal très fort la semaine dernière à travers son président Mario Draghi.Mais elle a besoin de progrès réalisés en parallèle par les Etats membres. Or, tout le monde est pour le moment en vacances. Il faudra donc un peu de temps. Les investisseurs et les marchés peuvent-ils être patients ? Il me semble que oui. Tout le monde est conscient de la situation institutionnelle actuelle.
La BCE est le garant ultime de la stabilité de l'euro. Elle aimerait être aidée dans son action par les Etats membres. Mais s'il n'y a pas d'alternative, elle agira. Nous sommes face à un énorme problème d’autorité politique au niveau européen. Les décisions qui s'imposent ne sont pas prises par les dirigeants élus. Ceux-ci sont légitimes devant leurs électeurs respectifs mais pas collectivement vis-à-vis de l’ensemble des Européens.
La cause des crises à répétition que connaît l'Europe serait donc institutionnelle ?
- Il y a de multiples raisons à cette crise : économiques, financières, politiques, institutionnelles… Nous sommes en crise systémique depuis juillet 2007. Cinq ans, c'est extrêmement long. On a pointé la responsabilité des subprimes américains au départ, mais c'était un peu facile : l'Asie par exemple n’a pas connu les mêmes difficultés que l'Europe. La crise des subprimes n'a fait que servir de révélateur, de détonateur à des fragilités européennes préexistantes. Elle n’a pas plus été la cause de la crise bancaire en Europe que l'attentat de Sarajevo n’a été celle de la Première guerre mondiale. Qu'est-ce qui rend cette crise si longue et unique ? L'incapacité à prendre des décisions dans l'espace européen.
C'est cette incapacité à prendre des décisions qui explique la litanie de "sommets de la dernière chance" ?
- Nous avons vu beaucoup de photos de Nicolas Sarkozy et maintenant François Hollande avec Angela Merkel, sans que la crise n'ait trouvé de solution. Ce n'est ni parce qu'ils sont incompétents, ni parce qu'ils sont lâches, mais à l'évidence parce que nos mécanismes de décision posent problème. Au bout de cinq ans de crise, il faut se poser les bonnes questions.
Ces sommets n'ont pas pour autant été inutiles : beaucoup de décisions ont été prises, mais elles n'ont pas été suffisantes. Il y a au niveau européen un déficit exécutif qui est le revers du déficit démocratique. C'est un cercle vicieux. Il y a des décisions difficiles à prendre, et comme il n'y a pas de mandat, elles ne sont pas prises. Dans le même temps, les Européens voient que leurs dirigeants ne sont pas capables de prendre les décisions nécessaires, donc ils leur font de moins en moins confiance. D’où une frustration légitime des citoyens face au système tout entier. Le reproche essentiel adressé à Bruxelles n'est pas sa tyrannie, mais plutôt son impuissance.
Comment sortir de l'impasse ?
- Paradoxalement, la dégradation de la situation ouvre des perspectives nouvelles. L'acceptation d'une union bancaire, sur le plan des principes du moins, formalisée lors du sommet des 28 et 29 juin, était impensable seulement trois mois auparavant. La France a été un acteur majeur de cette inflexion, peut-être en lien avec le changement de l'équipe gouvernante.
Il y a quatre axes à suivre pour résoudre la crise actuelle. Il faut que l'Europe puisse se donner une capacité de décision et d'action dans les domaines politique, bancaire, budgétaire et sur le plan de la compétitivité. La difficulté, c'est que ces quatre axes doivent avancer en parallèle. La décision du 29 juin sur la possibilité de recapitaliser directement les banques au niveau européen sous certaines conditions représente un pas important vers l'union bancaire. Mais pour concrétiser cette promesse, il faudra aussi avancer sur les trois autres axes, et le plus tôt sera le mieux. C’est un début encourageant, mais les investisseurs veulent voir du concret.
L'Allemagne est régulièrement pointée du doigt par les autres Etats…
- Vu le système de décision au niveau européen, chacun passe son temps à rejeter la faute sur les autres. Et comme l'Allemagne occupe une position centrale, il est naturel que les autres Etats se plaignent d’elle. La responsabilité qui pèse sur les épaules d'Angela Merkel est la plus lourde, ce qui explique aussi qu'elle soit plus lente à s'exprimer – et pas forcément à agir, d'ailleurs. En outre, la chancelière a moins de pouvoir en Allemagne que le président de la République en France. Nous avons voulu après 1945 que l’exécutif allemand soit contraint par des contre-pouvoirs forts, nous n'allons pas maintenant nous en plaindre.
Le risque d'éclatement de la zone euro est-il écarté ?
- Il est impossible de ne pas être préoccupé par la perspective d'un éclatement de la zone euro. Cela devrait donner des insomnies à nos dirigeants ! Ils doivent être conscients de leurs responsabilités vis-à-vis de tous les Européens. Les déclarations récentes de certains responsables, en Allemagne et ailleurs, selon lesquels une sortie de la Grèce de la zone euro ne serait pas si grave, ne sont pas les plus constructives de ce point de vue.

Interview de Nicolas Veron, économiste, chercheur à l'institut Bruegel à Bruxelles et au Peterson Institute for International Economics à Washington par Anne-Sophie Hojlo (le jeudi 2 août 2012)

Pour l'UMP, Hollande doit payer ses vacances à Brégançon


François Hollande et Valérie Trierweiler à leur arrivée au fort de Brégançon, le 2 août 2012.
François Hollande et Valérie Trierweiler à leur arrivée au fort de Brégançon, le 2 août 2012. / Crédits : AFP

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Le secrétaire national de l'UMP Geoffroy Didier a demandé vendredi que François Hollande "paie ses vacances privées" au Fort de Brégançon (Var) comme gage de la normalité qu'il revendique.
C'est ce qui s'appelle prendre quelqu'un au mot : le secrétaire national de l'UMP, Geoffroy Didier s'est fendu d'un communiqué pour exiger de François Hollande une nouvelle "preuve" de sa normalité : "Lorsqu'on est un président apparemment normal, on prend sans doute le train pour se rendre sur son lieu de villégiature face à un mur de caméras sur le quai de la gare. Mais lorsqu'on est un président véritablement normal, on paie aussi ses vacances privées comme chaque Français qui gagne sa vie", écrit ce proche de Brice Hortefeux.
Le chef de l'Etat, qui a fait du train l'emblème à grande vitesse de son quinquennat, s'est rendu du quai de la gare de Lyon à Brégançon hier (lire notre article Hollande part en train à Brégançon). "Le domaine appartenant à l'Etat et François Hollande s'y rendant en famille pour des raisons privées et non professionnelles ni officielles, il n'y a strictement aucune raison que le contribuable soit sollicité", précise Geoffroy Didier.
Avant François Hollande, Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy y ont séjourné à Brégançon pour des vacances. Après son mariage avec Carla Bruni-Sarkozy, le chef de l'Etat sortant a toutefois passé l'essentiel de ses congés à la résidence de cette dernière au Cap Nègre, située sur la commune voisine du Lavandou.

Coup de folie à Melesse (35). Deux morts et une personne dans un état critique


+ LIRE AUSSI. Agressions à la machette, accident et incendie mortels+ Périple meurtrier près de Rennes : deux morts+ A TÉLÉCHARGER. La carte chronologique du drame

Le procureur de la République a communiqué, mercredi après-midi,sur le drame qui a coûté la vie à deux personnes, mardi soir, à Melesse, en Ille-et-Vilaine. L’homme de 58 ans, suspecté d’avoir tué un automobiliste dans un accident et blessé volontairement plusieurs personnes à la machette, a été « hospitalisé d’office », indique le procureur.
Deux incendies
Vers 21 h, mardi soir, deux incendies se sont déclarés, l’un avenue de la Duchesse-Anne à Melesse, au nord de Rennes, l’autre à Montreuil-le-Gast, dans un immeuble.
Dans la première maison, le corps sans vie d’une femme a été retrouvé. Il est en cours d’identification et l’autopsie aura lieu dans la journée. Selon des voisins, la maison appartiendrait au conducteur impliqué dans deux accidents, dont un mortel mardi soir.
L’incendie de Montreuil concerne l’immeuble au sein duquel le suspect« devait prochainement prendre possession d’un nouveau logement a également été l’objet d’un incendie ». Quatre locataires ont été incommodés par les fumées.
Agressions à la machette
Selon le parquet, l’homme de 58 ans est également « suspecté d’avoir volontairement causé deux accidents de la circulation en début de soirée, en causant la mort d’un premier automobiliste ». Il s’agit d’un homme de 43 ans, père de trois enfants, habitant Guipel (Ille-et-Vilaine).
Il est également suspecté « d’avoir agressé à coups de machette deux personnes venant lui porter secours sur les lieux de l’accident, blessant grièvement l’un d’entre eux et plus légèrement le second ». Il s’agissait d’un agriculteur qui habite à quelques mètres de l’accident et d’un jeune homme, qui voulaient les secourir. Le jeune est atteint au bras, l’agriculteur au visage. Ils ont été tous les deux hospitalisés au CHU de Rennes.
L’homme est par ailleurs suspecté « d’avoir porté des coups à un couple de voisins, occasionnant de très importantes blessures qui ont fait l’objet d’interventions chirurgicales au cours de la nuit ». Les faits ont eu lieu à Melesse. Les circonstances sont encore inconnues. Les victimes sont des personnes âgées. Le pronostic vital de l’un des voisins reste engagé, ce mercredi après-midi.
Le suspect placé en « hospitalisation d’office »
Placé en garde à vue, il a finalement été placé en hospitalisation d’office dans la nuit. Les enquêteurs n’ont donc pas pu l’entendre. Son état de santé a été déclaré incompatible avec la garde à vue par un médecin.
L’enquête est confiée à la Section de recherches de la gendarmerie nationale de Rennes, avec l’appui du Groupement de gendarmerie départementale d’Ille-et-Vilaine. Les investigations se poursuivent. Une procédure de divorce, qui durait depuis 5 ans, aurait été le détonateur de ce déferlement de violences.

Syrie. Après la démission d’Annan, probable abandon de la mission


+ Syrie. Kofi Annan démissionne de son poste de médiateur de l'ONU

Kofi Annan a donné sa « démission » de son poste de médiateur de l’ONU et de la Ligue arabe en Syrie jeudi, provoquant de multiples réactions. Le Conseil de sécurité des Nations unies a par ailleurs annoncé que le mandat de la mission d’observation en Syrie, la Misnus, ne serait « sous doute pas renouvelé ».
L’Allemagne affiche sa « déception »
« Je regrette vivement que Kofi Annan quitte son poste fin août », a annoncé le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle. « Le fait que son plan de paix n’a pas été appliqué jusqu’ici est une déception. Il est évident que Kofi Annan abandonne son mandat en partie en raison du blocage au sein du Conseil de sécurité, dont sont responsables la Russie et la Chine », a-t-il ajouté.
Guido Westerwelle a également rappelé que si la Syrie sombrait dans la violence, c’était « surtout parce que le régime de (Bachar al-) Assad n’avait pas tenu sa parole de respecter l’accord. Il est plus que temps que la Russie et la Chine arrêtent de le couvrir ».
La Russie qualifie la démission d’Annan de « très regrettable »
Le président russe Vladimir Poutine a lui qualifié la démission de Kofi Annan de « très regrettable », estimant qu’elle ne devrait pas décourager les efforts de trouver une solution diplomatique au conflit dans ce pays.
« Kofi Annan est un homme de grand mérite, un diplomate brillant et un très honnête homme, c’est donc c’est très regrettable qu’il ait démissionné », a déclaré Vladimir Poutine, avant son départ pour sa brève visite à Londres.

La Chine « regrette » mais « comprend »
« Nous comprenons les difficultés du travail de médiation d’Annan et nous respectons sa décision », a écrit le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Hong Lei dans un communiqué publié tard jeudi.
« La Chine soutient le rôle important joué par les Nations unies dans la promotion d’une solution appropriée à la crise syrienne », ajoute-t-il.
L’Union européenne appelle à la nomination rapide d’un nouveau médiateur
Exprimant ses « profonds regrets », la chef de la diplomatie de l’Union européenne, Catherine Ashton, a déclaré que l’UE appelait « à une nomination rapide d’un successeur pour poursuivre la mission de Kofi Annan en vue d’une transition politique pacifique en Syrie ».
« La démission de Kofi Annan fait clairement apparaître à quel point ce fut malheureux que le Conseil de sécurité de l’ONU ait été incapable de se mettre d’accord sur une résolution », a souligné la responsable de la diplomatie européenne.
Kofi Annan a « investi une énorme quantité de temps et d’engagement personnel dans sa mission difficile et dangereuse », a ajouté Catherine Ashton, affirmant que l’Europe continuerait à chercher un nouveau chargé de mission pour la Syrie sous l’égide de l’ONU et de la Ligue arabe.
La mission de l’Onu en Syrie ne sera sans doute pas renouvelée
Mais le Conseil de sécurité des Nations unies ne renouvellera sans doute pas le mandat de la mission d’observation en Syrie, la Misnus, a déclaré le représentant permanent de la France aux Nations unies, ce qui devrait l’amener à se retirer du pays.
« Je pense que la mission disparaîtra le 19 août », a déclaré Gérard Araud. La France assure la présidence du Conseil de sécurité pour le mois d’août.
Pour que les membres de la Minus restent en Syrie après le 19 août, le Conseil devra adopter une nouvelle résolution à cet effet. Gérard Araud estime qu’il est difficile d’imaginer que les membres du Conseil de sécurité puissent parvenir à un accord en ce sens.
Le mandat de la Misnus, qui était de trois mois, a été prolongé de 30 jours par le Conseil de sécurité le mois dernier.

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