vendredi 16 mars 2012

Hollande et les socialistes européens, une rencontre qui "tombe bien"


Hollande et les socialistes européens, une rencontre qui "tombe bien"
François Hollande va rencontrer les leaders socialistes et socio démocrates européens, ce week end à Paris.
afp.com/Jeff Pachoud

François Hollande rencontrent les leaders socialistes européens vendredi et samedi. Prévue de longue date, la réunion doit asseoir la crédibilité internationale du candidat PS. 

Si François Hollande ne va pas à l'Europe, ce week-end, c'est l'Europe qui viendra à lui. A l'intiative de la Fondation Jean-Jaurès, le candidat PS rencontrera à Paris ce vendredi soir et ce samedi les leaders socialistes et socio-démocrates. Seront présents: Martin Schulz, président du Parlement européen, Sergei Stanishev, Président du PS européen, Hannes Swoboda, président du groupe S&D au Parlement européen, Pier Luigi Bersani, Secrétaire du PD italien et Sigmar Gabriel, Président du SPD allemand. Jusqu'ici, seul le dernier cité avait apporté son soutien public à François Hollande
Officiellement prévu de longue date, ce rendez-vous "tombe bien", reconnait-on dans l'équipe Hollande. Régulièrement moqué par la droitepour son manque d'envergure internationale, le candidat socialiste veut montrer qu'il n'est pas isolé sur la scène européenne et que son idée d'unerenégociation de l'accord sur le traité européen n'est ni stupide, ni irréalisable. Enfin, Hollande veut absolument reprendre la main sur un thème abondamment abordé par Nicolas Sarkozy lors du meeting de Villepinte
Crédibilité européenne en jeu?
Le candidat socialiste joue-t-il ce week-end sa crédibilité dans ce domaine? Dans l'équipe Hollande, on balaye d'un revers de main cette question. "Cette réunion est prévue depuis des mois, ce n'est en aucun cas une stratégie", affirme Aquilino Morelle, directeur adjoint de la campagne de François Hollande. "S'il fallait avoir été président de la république pour être crédible sur la scène européenne, il n'y aurait plus besoin des 500 signatures, ni même d'élections", poursuit ce proche d'Arnaud Montebourg, un brin agacé.  
Faut-il voir dans sa récente promotion dans l'équipe Hollande et dans la nomination du député de Saône-et-Loire au rang de représentant spécial un éventuel changement de position de François Hollande sur l'Europe? "Cette affirmation n'est vraie que sur le thème de la finance, réplique Aquilino Morelle. Construire l'Europe à partir de la croissance, cela a toujours été dans le programme du Parti socialiste."

Sarkozy, Hollande, Bayrou... mais aussi Le Pen et Cheminade: ils ont leurs 500 signatures


Sarkozy, Hollande, Bayrou... mais aussi Le Pen et Cheminade: ils ont leurs 500 signatures
Nicolas Sarkozy, François Hollande, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou, Nicolas Dupont-Aignan, Eva Joly, Nathalie Arthaud, Philippe Poutou, Jacques Cheminade... Ils ont leurs 500 signatures et sont candidats à l'élection présidentielle.
Reuters

Depuis 18h ce vendredi, il n'est plus possible de déposer les parrainages au Conseil Constitutionnel. Voici la liste des candidats qui devraient participer à l'élection présidentielle.  

Première étape importante dans la course à l'Elysée, le dépôt des 500 signatures d'élus nécessaires pour participer au premier tour s'est achevé ce vendredi à 18h. Le président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré, n'annoncera que lundi après-midi la liste définitive des candidats retenus, après d'ultimes vérifications ce week-end. En attendant, voici la liste de ceux qui ont déposé leurs signatures.  
Nicolas Sarkozy: nombre de parrainages non communiqué 
Nicolas Sarkozy, mène une campagne éclair et mise tout sur la surprise. La première, pour son entrée en campagne, a consisté à proposer des référendums sur les droits des chômeurs et sur les étrangers. Puis il a continué. Lui qui s'était tant rapproché d'Angela Merkel l'a prise à contre-pied avec sa volonté de réformer Schengen et de faire cavalier seul, si besoin, sur le "Buy European Act". Lui à qui on a tant reproché d'être le"président des riches", a sorti de son chapeau un impôt sur les bénéfices minimum pour les grands groupes internationaux, et une taxe pour les exilés fiscaux. Nicolas Sarkozy peut-il se succéder à lui-même? Lisez ceci pour vous faire votre opinion.  
François Hollande: entre 4500 et 5000 signatures 
Il fut beaucoup question ces derniers temps de l'impôt à 75 % au dessus d' un million d'euros de revenus. Mais la mesure emblématique du projet de François Hollande demeure son "contrat de génération" , censé pousser les entreprises à embaucher des jeunes en CDI tout en gardant des séniors pour les former. Le candidat socialiste n'a de cesse d'appeler au rassemblement des français, par contraste avec un "président qui clive et qui divise", dit-il. Cette proposition, qui lie les générations, en est le symbole. François Hollande arrivera-t-il à incarner l'alternance et à marcher dans les traces de François Mitterrand? Eléments de réponse ici.  
François Bayrou:nombre de parrainages non communiqué 
C'est l'homme du "Made in France". Le candidat défend depuis décembre l'idée qu'il faut "acheter Français", une mesure qui lui permet de décliner ses solutions pour booster la compétitivité de la France et défendre la réindustrialisaiton du pays. Il espère faire mieux qu'en 2007, où il avait récolté 18% des voix. François Bayrou le peut-il? Eléments de réponse dans cet article.  
Marine Le Pen: nombre de parrainages non communiqué 
Après François Hollande et Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen est bien installée en troisième position. Les intentions de vote lui donnent autour de 15% des voix au premier tour. Bipolarisation du débat oblige, ce sera difficile pour elle de créer la surprise en se hissant au second tour comme son père en 2002. Mais qui sait? Les atouts et les faiblesses de Marine Le Pen, ici.  
Jean-Luc Mélenchon: 1100 signatures 
Au-dessus de 360 000 euros, il prend tout ! Le candidat du Front de gauche entend taxer à 100% tous les revenus annuels supérieurs à 360 000 euros par an. C'est-à-dire 30 000 euros mensuels. Mesure phare de Mélenchon, au même titre que la promesse d'un Smic à 1700 euros, cette proposition suppose la création de 9 nouvelles tranches progressives d'impositionEn savoir davantage sur les atouts et les faiblesses de Mélenchon, ici.  
Eva Joly: 639 signatures 
Sa campagne ressemble à une longue agonie. pour Eva Joly, créer la surprise, ce serait dépasser les 5% le 22 avril prochain. Guère plus. Et ce serait déjà beaucoup pour la candidate, qui ne dépasse pas la barre des 3 ou 4% depuis le début de sa campagne. A tel point que certains, commeNoël Mamère, s'interrogent sur l'intérêt du maintien de sa candidature.Restera-telle dans la course? Lire ses atouts et ses faiblesses ici.  
Philippe Poutou: 572 signatures 
Annuler la dette de l'État, c'est l'une des quatre mesures-phare duprogramme de Philippe Poutou. Pour justifier une telle position, le candidat du NPA évoque l'exemple du Venezuela ou de l'Argentine. Pour en savoir plus sur Philippe Poutou, lisez cet article
Nathalie Arthaud: nombre de parrainages non communiqué 
Les "travailleurs", qu'elle oppose aux "actionnaires, sont au centre du programme de la candidate de Lutte Ouvrière. Il s'agit pour Nathalie Arthaud de se placer du côté de "ceux qui font tourner la société". Elle demande l'interdiction des licenciements et des augmentations générales de salaires. Pourra-t-elle passer la barre des 5% comme Arlette Laguiller en 2007? Faites vous votre opinion ici.  
Nicolas Dupont-Aignan: 708 signatures 
Nicolas Dupont-Aignan prône la sortie de la zone euro et la création d'un "euro-franc". Il espère que cette monnaie commune, qui remplacerait la monnaie unique, lui permettra de dévaluer l'euro franc vis-à-vis de l'euro allemand et de rétablir ainsi la compétitivité commerciale de la France.Beaucoup d'économistes pensent au contraire que ce serait une catastropheFera-t-il davantage que de la figuration? Eléments de réponse ici.  
Jacques Cheminade: 538 signatures 
La mesure phare du très controversé candidat du parti du Progrès et de la Solidarité est de créer une"alliance transpacifique et eurasiatique pour mettre en pièces l'empire de la City et de Wall Street". Rien que ça.Sinon, découvrez en davantage sur Jacques Cheminade ici
Deux autres candidats attendaient que le Conseil constitutionnel leur communique le nombre des derniers parrainages arrivés en leur faveur :Corinne Lepage (Cap 21) qui disait en avoir entre 470 et 520, et Jean-Marc Governatori (Alliance écologiste indépendante).  

Que veut faire Hollande pour les banlieues?


Que veut faire Hollande pour les banlieues?
Que prévoit François Hollande, le candidat du PS, pour les "quartiers pauvres", les banlieues?
REUTERS

François Hollande a présenté, ce vendredi à Strasbourg, son programme pour les banlieues, ces "quartiers pauvres". Il a qualifié le "plan Marschall" de Nicolas Sarkozy de "plan desespoir banlieue". 

Que propose François Hollande pour désenclaver les quartiers pauvres? Le candidat du PS a répondu à la question, ce vendredi à Strasbourg. D'abord un "stage obligatoire" dans ces zones pour les médecins en formation, et des exonérations de charges pour les entreprises embauchant un jeune de ces quartiers. 
Dans une allocution au théâtre Pôle sud du quartier de la Meinau, au sud de la ville, il a aussi annoncé la création "d'un ministère de l'Egalité territoriale", après avoir éreinté la politique de Nicolas Sarkozy en direction des quartiers
Ainsi, loin du "plan Marshall pour les banlieues" promis en 2007 par le président-candidat, un "plan Espoir banlieues" a été présenté en 2008 mais a été "un échec", selon François Hollande, pour qui ce plan a été rebaptisé par les acteurs du secteur "plan désespoir banlieues". 
Sur la question "prioritaire" de l'emploi, il s'est engagé à ce que les entreprises embauchant des jeunes domiciliés dans des quartiers prioritaires soient exonérées de charges sociales. L'idée, a expliqué le sénateur du PS Thierry Repentin, responsable du pôle logement et ville de l'équipe de campagne, "est de permettre l'accès de ces jeunes à un emploi qualifié notamment dans le secteur marchand".  
Le dispositif actuel exonère de cotisation l'employeur à condition que son siège soit dans le quartier et cela correspond souvent à des emplois peu qualifiés. 
Hollande veut favoriser l'apprentissage du français pour les parents d'élève
François Hollande a souligné le fait que les problèmes d'accès aux soins dans ces quartiers venaient "s'ajouter" aux autres. "Le manque de médecins et de professions de santé, ce n'est pas seulement vrai dans les zones rurales mais aussi dans les quartiers", a-t-il déploré, ajoutant que ce phénomène concernait aussi les pharmacies. 
"Je m'engage à ce que personne en France soit éloigné d'un soin d'urgence de plus de trente minutes, il y aura des pôles de santé installés dans les quartiers", a-t-il assuré. 
"Je favoriserai des stages obligatoires des jeunes médecins dans les quartiers où il y a des déserts médicaux", a-t-il également annoncé
Dans l'Education, François Hollande souhaite que "toutes les classes préparatoires (accueillent) un enfant venant des banlieues". Il souhaite favoriser "l'apprentissage du français pour les parents d'élèves". 
Le candidat veut mettre fin au "zonage"
Dans les transports, il veut "généraliser la tarification solidaire, basée sur le quotient familial de l'usager, comme cela se fait à Strasbourg". 
Concernant le logement, il a promis un "élargissement de la taxe sur les logements vacants et de la taxe sur la cession des terrains à bâtir". Il a aussi indiqué que le second plan national de rénovation urbaine (PNRU) "soutiendra les co-propriétés en difficulté". 
"Ceux qui vivent dans les territoires les plus défavorisés auront une politique amplifiée", a lancé François Hollande. "Toutes les politiques publiques, politiques de sécurité, seront amplifiées, démultipliées dans les quartiers", a-t-il assuré. 
Il a annoncé qu'il mettrait fin "aux zonages". "Plus personne ne s'y reconnaît dans les zup, les zep, les zus.." a-t-il lancé. "On est de France, pas d'une zone" a-t-il lancé. 
"Je porte une vision de la France fondée sur l'égalité, qui ne distingue pas les Français, tous sont des citoyens à part entière et non des citoyens entièrement à part" a-t-il conclu. 

Qui a dit "On serre les fesses pour avoir les 500 signatures"?


Qui a dit "On serre les fesses pour avoir les 500 signatures"?

Comprendre l'insécurité à Marseille en cinq liens


Les règlements de comptes se succèdent à Marseille. Comprendre la délinquance dans la cité phocéenne.
REUTERS/Jean-Paul Pelissier

Deux corps calcinés ont été retrouvés dans une voiture, ce vendredi, près de Marseille. L'enquête s'oriente vers un nouveau règlement de comptes. Cinq liens pour mieux comprendre les enjeux sécuritaires dans la cité phocéenne. 

Nouveau règlement de comptes à Marseille sur fond de criminalité organisée. Deux corps calcinés ont été retrouvés dans une voiture ce vendredi vers 3h00, sur une départementale à Bouc-Bel-Air, non loin de Marseille. Selon une source policière proche de l'enquête qui confirme une information du site La Provence, il s'agit probablement d'un réglement de comptes. Encore un, donc.  
Après un homme de 56 ans tué par balles lundi, un homme et une femme également tués par balles début mars, une fusillade dans un snack fin février... Et la liste est longue. Marseille est-elle devenue Chicago? Les trafics de drogue sont-ils à l'origine des violences? Cinq liens pour comprendre l'insécurité qui règne à Marseille. 
La délinquance en recul à Marseille, vraiment?
Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, vantait début mars sur RTL les progrès en matière de sécurité à Marseille. L'Express a décrypté le vrai du faux. Et il s'avère que les Marseillais ne semblent pas si "rassurés" pour leur "sécurité quotidienne" que l'affirmait le ministre de l'Intérieur. Et s'il est vrai, comme il le soulignait, que les affaires médiatiques sont liées au grand banditisme, son annonce d'une hausse des effectifs énerve certains policiers, pour qui cela reste de la "poudre aux yeux". 
Pourquoi la délinquance est-elle si forte à Marseille?
Laurent Muchielli, chercheur au CNRS et fondateur de l'observatoire régional de la délinquance en région PACA, explique quant à lui le haut niveau de délinquance par la géographie de la cité phocéenne, qui a conservé "sa banlieue au coeur de la ville". Pour réduire cette violence, il préconise donc une meilleure politique de prévention. Et, surtout, une réduction "des écarts sociaux au sein de la ville". 
De la petite délinquance au grand banditisme
Des vols de colliers en or directement au cou des Marseillaises fortunés aux trafics de drogues, nombre d'habitants ont une anecdote à raconter sur l'insécurité. Et faute de se sentir protégée, certains cherchent, parfois, des boucs émissaires. 
La Kalachnikov, nouvelle arme des banlieues
La Kalachnikov a quitté les terres de guérilla pour coloniser nos banlieues "sensibles". Elle est devenue l'arme à posséder pour contrôler l'économie souterraine. Marseille n'est pas en reste, en témoigne le nombre de réglements de comptes avec ce type d'arme. L'Express avait déjà enquêté sur la montée de ce phénomène en 2010. 
Jean-Claude Gaudin se défend
Dans une interview à L'Express en octobre 2011, Jean-Claude Gaudin, le maire UMP de Marseille affirme qu'il n'est "pas resté les bras croisés". Entre renfort policier et installation de caméras, il affirme "travailler sur le sentiment d'insécurité" et défend une politique sociale avec des investissements dans les quartiers nord. Quant au trafic de stupéfiants, "le maire que je suis n'a pas le pouvoir de lutter directement contre cette forme de délinquance". 

Nouveau moratoire sur le maïs MON810


Le Figaro.fr avec Reuters Mis à jour  | publié  Réactions (5)

La France a décidé de réintroduire sur son territoire un moratoire sur la culture du maïs génétiquement modifié MON810 commercialisé par le groupe américain Monsanto, annonce aujourd'hui le ministère de l'Agriculture.

"Le ministre de l'Agriculture a décidé ce jour de prendre une mesure conservatoire visant à interdire temporairement la culture du maïs MON810 sur le territoire national afin de protéger l'environnement", peut-on lire dans un communiqué.

Le conseil d'Etat avait suspendu en novembre une interdiction datant de 2008 de cultiver et de commercialiser ce maïs transgénique en France, estimant qu'elle n'était pas suffisamment fondée.

Le gouvernement a demandé en février à la Commission européenne de suspendre la culture du MON810, seule céréale transgénique autorisée dans l'Union européenne. Sa consommation en France reste toutefois autorisée, avec une obligation d'étiquetage.  Un arrêté du ministre sera publié au Journal officiel dimanche, a précisé le ministère.

LIRE AUSSI :
» La France toujours opposée aux OGM

Xavier Bertrand: «Le problème avec la gauche, c'est qu'on devient très vite très riche»


VIDEO - Le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé était l'invité de «Face au web», l'émission de 20minutes.fr et Newsring.fr...

Nicolas Sarkozy a-t-il changé les valeurs de la droite? Faut-il supprimer les consultations privées à l’hôpital, ou encore instaurer un salaire maximum comme le propose Jean-Luc Mélenchon? Xavier Bertrand invité ce jeudi de «Face au web», l’émission de Newsring.fr et 20minutes.fr, a participé et répondu aux débats nourris par les contributions des internautes et les questions des journalistes de Newsring et 20 Minutes.

Faut-il, comme le demande Jean-Luc Mélenchon, instaurer un salaire maximum dans les entreprises?

Non, pour Xavier Bertrand qui, tout en convenant qu’il peut y avoir des abus, ne veut pas tuer l’esprit d’entreprise. De plus, vend le soutien du candidat UMP à la présidentielle, Nicolas Sarkozy a beaucoup fait pour le pouvoir d’achat des Français. Contrairement à ce que promet la gauche, assure-t-il. Sa réponse en vidéo:

Faut-il supprimer les consultations privées à l’hôpital?

Pour le ministre de la Santé, le problème n’est pas le principe des consultations privées, qu’il ne remet pas en cause, mais le fait qu’il y ait, là encore, des abus, car les commissions chargées de veiller au respect de certaines règles ne le font pas. Xavier Bertrand en profite pour donner ses priorités s’il rempilait au poste de ministre de la Santé.

Nicolas Sarkozy a-t-il changé les valeurs de la droite?

Stigmatisation des musulmans, méfiance vis-à-vis des chômeurs, retour dans le commandement intégré de l’Otan… des dernières années, Nicolas Sarkozy a fait bouger les lignes à tel point que certains, à l’UMP, s’interrogent. Mais pour Xavier Bertrand tout cela est un «mauvais procès». Pour lui la valeur travail, celle qui compte pour le gaulliste humaniste qu’il se dit être, est toujours très présente dans la campagne de Nicolas Sarkozy. Et au passage, campagne présidentielle oblige, il ne manque pas d’épingler le PS.

Enfin, le ministre a répondu à une petite question bonus: faut-il arrêter de manger de la viande?

 Clémence Lemaistre. Vidéo Thomas Lemoine et Jonathan Duron

Hollande à « Des paroles et des actes » : petites et grandes approximations


Dernier épisode de "Des Paroles et des actes", l'émission politique de France 2, qui accueillait jeudi 15 mars François Hollande (revoir l'émission ici).  Le candidat socialiste n'a pas fait d'annonces majeures, mais a continué à défendre son programme et ses propositions, à l'aide d'arguments chiffrés ou factuels. Qui s'avèrent parfois inexacts. Nous en avons relevé et vérifié cinq.
1/ "Depuis dix ans, il y a une augmentation de la dépense publique et une diminution d'impôt au bénéfice, notamment, des plus aisés."
Première affirmation de M. Hollande : il y a eu une hausse de la dépense publique depuis dix ans. Elle ne fait pas débat : la dépense publique progresse en moyenne de 2% par an en volume depuis la fin des années 1990. Le premier graphique ci-dessous, extrait du rapport  sur la dépense publique annexé au projet de loi de finances 2012, montre l'évolution de sa croissance, ce qui permet de voir les années où elle a plus ou moins augmenté.
Ce second graphique, lui, matérialise la progression de cette dépense publique.Comme on le voit, elle est constante sur le long terme, donc pas seulement depuis 10 ans comme le dit M. Hollande
Sur les impôts, l'affirmation de M. Hollande est plus discutable. Il est exact que les impôts des plus aisés ont tendance à diminuer depuis dix ans, comme nous l'avons montré dans un autre billet des Décodeurs consacré à la question.  En revanche, la "diminution d'impôt" dont M. Hollande accuse la droite est en partie imputable également à la gauche. Dans un rapport de 2010, le rapporteur UMP du budget Gilles Carrez montrait que ces pertes de recettes ont atteint entre 100 et 120 milliards d'euros en dix ans. Il montrait aussi que le pic de pertes de recettes du fait de mesures de baisses d'impôts était imputable... à Lionel Jospin, en 2001. Même si ensuite, c'est en 2007 qu'on trouve la deuxième année de baisse la plus importante.
Au final, M. Hollande a cependant plutôt raison, même s'il présente les choses sous un jour favorable à son camp.
2/ "La dette publique a augmenté de 60 % à 90 %, depuis 2002."
Autre chiffre énoncé par M. Hollande : la hausse de la dette. Mais cette fois, il se trompe de cinq points, ce qui n'est pas rien.
En 2002, la dette publique de la France était, au sens de Maastricht (selon la nomenclature de calcul utilisée par l'Europe pour savoir si un pays rentre dans les critères de convergence), de 59% du PIB, selon un rapport de l'Insee.
En 2011, la dette a atteint, toujours au sens de Maastricht, un total de 1688,9 milliards d'euros. Soit, toujours selon l'Insee, 85,3% du PIB. Et pas 90%.
3/ "30 000 places en prison, c'est 3 milliards d'euros plus 1 milliard par an en fonctionnement."
La phrase fait référence à la proposition de M. Sarkozy de construire 30 000 places  de prison supplémentaires d'ici 2017.
Le coût de la mesure est chiffré différemment selon les "cellules de chiffrages". Pour l'institut Montaigne, de sensibilité libérale, le coût est de 1,250 milliard d'euros par an,  notamment car sur ce total de 30 000 places, 13 000 sont déjà budgétées. Toujours selon cet institut, la mesure reviendrait à 737 millions d'euros d'investissements, et 730 millions de coût annuel de fonctionnement. Et non un milliard.En cumulant sur cinq ans, on parvient cependant à 3,5 milliards d'euros d'investissements.
Autre  cellule de chiffrage, l'Institut de l'entreprise n'a pas fait le calcul sur la proposition de Nicolas Sarkozy, mais sur celle de Marine Le Pen, qui propose pour sa part 40 000 places supplémentaires. L'institut évalue cette fois à 1,2 milliard par an le coût de fonctionnement, et à 4,3 à 5,8 milliards d'euros le coût d'investissement. Soit un total qui correspond à celui de M. Hollande compte tenu du nombre de places différent, sur la base d'un calcul d'un coût par place créée.
Le chiffre de trois milliards est en fait celui donné par l'Observatoire national des prisons, qui ne le détaille pas. Mais les trois sources donnent des prévisions plutôt en ligne avec ce que dit François Hollande. Du reste, l'UMP ne conteste pas ce chiffre.
4/ "Sur Fessenheim. Votre propre ministre de l'écologie  avait préfiguré une fermeture"
Questionné sur sa volonté de fermer la centrale alsacienne, la plus vieille de France, et dont la sécurité est questionnée, notamment car elle se trouve sur une faille sismiqueM. Hollande a justifié ce choix en estimant que le gouvernement avait un temps lui-même envisagé de fermer la centrale.
Le candidat socialiste fait référence à cet entretien accordé à France info par la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, le 15 décembre 2011. Elle expliquait que la fermeture de la centrale n'était "pas exclue", ce qui avait donné lieu à quelques articles de presse.
Mais en tirer la conclusion que le gouvernement avait "préfiguré une fermeture"semble quelque peu abusif. Mis à part quelques échos, suite à cette déclaration de la ministre fin 2011, le gouvernement affiche une certaine constance. En 2007, Nathalie Kosciusko-Morizet expliquait déjà au Sénat : "Aucune considération de sécurité ne justifie aujourd'hui une fermeture", et renvoyait aux conclusions des rapports de l'autorité de sûreté nucléaire de 2009. Ceux-ci ont, depuis, conclu que la centrale était exploitable, ce que contestent écologistes et associations. 
5/ "Nous allons bientôt recevoir M. Copé, une niche a été créée à son initiative : 6 milliards d'euros par an"
François Hollande ne dit pas la vérité. La "niche Copé" que le PS n'a de cesse de pourfendre, a été mise en place en 2004, et offre aux entreprises une exonération des plus-values sur les cessions de filiales et de titres de participation. A l'époque de son adoption, elle n'est pas destinée à coûter très cher. Mais rapidement, les entreprises y ont eu recours. Et le coût de cette niche, en terme de manque à gagner pour les finances publiques, explose : 434 millions en 2006, 2 milliards d'euros en 2007, 12,5 milliards en 2008,  puis 6 milliards en 2009, selon les premières estimations.
Mais ces chiffres sont quelque peu surévalués : ils représentent le manque à gagner pour les finances publiques en prenant pour base une imposition à 33% sur les sociétés. Or ce taux ne correspond pas à la réalité de l'imposition des sociétés. Le conseil des prélèvements obligatoires - un organisme qui dépend de la Cour des comptes, a refait son calcul en prenant pour base 15% d'impôts sur les sociétés. Et parvient à un coût de 9 à 10 milliards en trois ans. Soit trois milliards chaque année et non six.
Surtout, cette fameuse "niche Copé" a depuis été modifiée, avec une surtaxe de 10%"pour frais et charges", qui limite l'ampleur de la défiscalisation. Les six milliards par an de François Hollande ne sont donc valables que pour la seule année 2009, et encore correspondent-ils à un comptage plutôt sévère. L'affirmation du candidat socialiste est donc plutôt fausse

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