dimanche 22 janvier 2012

Industrie française : Nous sommes tous ou serons tous un jour des « Lejaby » !


Etonnant symbole ! Au même moment où le Chef de l'Etat nous imposait son très communicant sommet social, on apprenait que les repreneurs de la marque française Lejaby, annonçaient la fermeture de la dernière usine française de production !



Industrie française : Nous sommes tous ou serons tous un jour des « Lejaby » !

Le 13 décembre dernier, Nicolas Sarkozy s'exprimait sur la « réindustrialisation de la France » au travers de la visite de l'usine Rossignol de Sallanches. la marque de ski qui avait rapatrié une partie de sa production en France, venait d’obtenir le label « origine France garantie » distinguant les produits fabriqués sur le sol français.

Ce label un tantinet gadget « pensé » par Yves Jégo missionné par Nicolas Sarkozy devait être undébut de réponse bien mièvre aux : plus de 500 000 emplois industriels perdus, sachant que la part de l’industrie dans le PIB français est passée de 24 à 14 %. La France constataient Patrick Artus, Marie-Paule Virard dans leur livre La France sans ses usines : « (...) a vécu dans l’idée qu’elle pouvait bâtir une économie sans usines, tournée vers les services. Mais il apparaît aujourd’hui que, lorsque les usines partent, les services finissent par suivre le mouvement (...) »

En ce qui concerne le textile, nous vous expliquions le 2 décembre 2011 comment Frédéric Lefebvre s'était démené pour obtenir le label d'état d' Entreprise du Patrimoine Vivant, ainsi que les aides afférentes, à la marque John Galliano. Sachant que « (...) Le label Entreprise du Patrimoine Vivant est une marque du Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, mis en place pour distinguer des entreprises françaises aux savoir-faire artisanaux et industriels d’excellence (...) »

Il faut dire que la marque John Galliano est la propriété de LVMH appartenant à Bernard Arnault qui n'a jamais caché sa proximité avec Nicolas Sarkozy.

Attention dont n'auront visiblement bénéficié les ouvrières pourtant talentueuses de Lejaby victimes des choix stratégiques de leurs dirigeants, et qui ont appris hier, que le repreneur de leur marque : « (...) envisage de conserver 195 salariés sur les 450 que compte encore Lejaby et de fermer l'unité de production d'Yssingeaux (Haute-Loire), qui emploie près d'une centaine d'ouvrières, pour finir de délocaliser la fabrication dans le Maghreb (...) » Les salariés licenciées seront néanmoins ravies d’apprendre que celui-ci : « a indiqué vouloir lancer une nouvelle marque baptisée Lejaby-Luxe qui sera fabriquée en France, à Rillieux-la-Pape, par une quarantaine de personnes si le projet démarre bien (...) »

Ce qui signifie en clair que la TVA sociale chère à notre Président et à Laurence Parisot si elle avait été en place, n’aurait pas de toute façon pas pu sauver les emplois.

Xavier Bertrand le toujours ministre du travail a trouvé le moyen de se féliciter de ce que : « le tribunal de commerce de Lyon ait désigné un repreneur de l'entreprise (...) » tout en précisant que les salariées licenciées : « verront 98% de leur rémunération maintenus pendant un an (...) »

Ce à quoi il faut ajouter : « Un budget de 500.000 euros prévu pour l'accompagnement du plan social, afin d'aider les salariés à se reconvertir (...) » fourni par le repreneur.

Au de-là des propos qui frisent la provocation et l'offre dérisoire qui ne permettra en aucun cas aux salariées de retrouver rapidement un emploi équivalent leur permettant, comme elles disent elles-mêmes, de nourrir leurs gamins ou payer leurs maisons ! il faut noter l’absence de réaction de l’UMP.

Oui, mais ils ont un excuse ! En effet, après s’être félicités de la qualité du sommet social, l'UMP a une autre préoccupation. Ils sont en train de remettre en selle Jean-Louis Borloo qui avait été reçu par Nicolas Sarkozy pour préparer le sommet social du 18 et surtout contrer la poussée de François Bayrou !


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Textile : "En supprimant les barrières douanières, les politiques ont été naïfs"


Maurad Rabhi, chargé de l'emploi à la CGT et ancien délégué syndical dans le textile | LEMONDE.FR | 19.01.12 | 19h13
Les salariés de Lejaby ont exprimé leur colère, à Lyon, dans la Cour des Voraces, le 17 janvier,
Les salariés de Lejaby ont exprimé leur colère, à Lyon, dans la Cour des Voraces, le 17 janvier,AFP/JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

Les salariés de la dernière usine française du fabricant de lingerie Lejaby ont appris, mercredi 18 janvier, la fermeture du site d'Yssingeaux (Haute-Loire). Déjà délocalisée à 93 %, la production de l'entreprise sera désormais intégralement sous-traitée en Tunisie.

Dans un chat au Monde.fr, jeudi 19 janvier, Maurad Rabhi, chargé de l'emploi à la CGT et ancien délégué syndical dans le textile, a déploré que beaucoup d'entreprises aient pris "la voie de la délocalisation" alors que le "made in France" est un argument de vente. Plus que la diminution du coût du travail, le syndicaliste estime que "le problème est de savoir si on a un produit qui tient la route".
Drey : Que reste-t-il du textile français ? Quelles sont les marques les plus connues qui produisent encore en France ?
Maurad Rabhi : Il reste encore du textile en France, aux alentours de 200 000 salariés. Beaucoup de grandes marques sont parties, mais il reste encore des noms comme Lacoste, Petit Bateau, Dim. Il y a donc de la place pour de la production française.
Elise : Qui achète encore français aujourd'hui ?
Tout le monde. La question est : est-on capable aujourd'hui de travailler sur l'innovation et la recherche de manière à toujours avoir une longueur d'avance sur les produits basiques venus des pays asiatiques ? Je pense qu'il y a encore aujourd'hui des créneaux, ce qu'on appelle les niches, et des gens qui vivent très bien de leur production en France.
La question est de savoir si les entreprises se sont adaptées à la mondialisation et sont capables de travailler sur ces créneaux. Pour cela, il faut mettre des moyens, il faut investir, et malheureusement, beaucoup d'entreprises ont préféré prendre la voie de la délocalisation. Prenons par exemple le luxe : que ce soit Hermès ou Vuitton, s'ils tournent aujourd'hui, c'est parce que le "made in France" est un argument de vente. D'ailleurs, il y a deux entreprises Hermès qui vont s'installer en Isère aujourd'hui.
Drey : Quels sont les grands bénéficiaires de la fin des quotas textile ? La Chine se taille-t-elle toujours la part du lion ?
Bien sûr. La Chine est aujourd'hui le pays qui récupère la part du lion dans le gâteau textile-habillement-cuir. Mais il y a encore de la production dans un certain nombre de pays comme l'Italie, un peu le Portugal, beaucoup aussi en Inde. Ce sont les pays en voie de développement qui récupèrent la plus grosse partie.
Et ce que les chefs d'entreprise avaient imaginé, avec la zone Euromed, les pays du Maghreb, n'a pas tenu. Tout simplement parce que les coûts sont tellement bas et on n'a pas respecté les normes minimales internationales : en Chine, on faittravailler des prisonniers ou des enfants. Le prix devient donc complètement dérisoire si on reste sur le bas de gamme.
Momo : Le problème Lejaby n'est-il pas une démonstration criante du problème du coût du travail en France ?
Non, je ne pense pas. Je pense qu'au contraire, Lejaby est une belle marque qui fonctionne depuis des décennies. Son problème a été lorsque des fonds d'investissement italiens ont pénétré dans son capital. A partir de là, ils ont poussé pendant des années l'entreprise vers la Tunisie. Ils ont fermé trois sites en 2010 en Rhône-Alpes. Et on pensait que le reste aurait pu être fait en France mais on s'est vite aperçu que les fonds ont complètement lâché Lejaby en envoyant le groupe en redressement judiciaire.
Solène : Le gouvernement a-t-il assez œuvré pour "sauver" Lejaby et l'industrie française en général ? Que pourrait-on faire pour favoriser ces secteurs d'activité en France ?
Je pense que le problème du textile ne peut pas se régler à l'échelle française, mais à l'échelle européenne. Il est évident qu'en supprimant les barrières douanières – tandis que les Chinois ont augmenté les leurs –, les politiques ont été naïfs sur le sujet. Si aujourd'hui on veut sauver la filière textile-habillement-cuir, il est urgent de revenir à des règles équitables. La mondialisation ne permet pas tout.
Est-on capable de remettre des barrières à l'échelle européenne ? Je rappelle que le secteur textile-habillement-cuir est totalement libéralisé depuis 2005. Dans les années 1990, on était à 800 000 emplois ; il en reste à peine 200 000.
Guest : En dehors du marché du luxe, l'industrie textile française est-elle encore compétitive sur le plan international ?
Je pense que oui. Si la question est de savoir si on peut encore faire du basique en France, je dirais non. Faire du bas de gamme est assez difficile aujourd'hui pour les entreprises. Mais il y a un vrai créneau sur le moyen et le haut de gamme et sur les niches.
Kriss : Vous seriez favorable à la mise en place de nouvelles taxes douanières ?
Bien sûr. Il ne faut pas être naïf dans la mondialisation. Encore une fois, si on veutproduire aujourd'hui en France et en Europe, il faut des règles équitables entre tous.
Et comme l'Organisation mondiale du commerce n'est pas en capacité aujourd'hui de définir des règles strictes dans les échanges, comme les problèmes ne se règlent plus à l'échelle nationale, il est important que se décident à l'échelle européenne deux choses : une politique industrielle de filière et des règles face aux autres zones du monde : la Chine, l'Inde, le Pakistan, la Turquie, les pays du Maghreb. Il faut qu'on se protège aussi, sans faire du protectionnisme.
Drey :  Quels sont les autres pays européens touchés par les délocalisations dans le textile ?
Tous les pays européens ont été touchés, de près ou de loin. Aujourd'hui, il reste très peu de production dans les pays du nord de l'Europe : l'Allemagne, l'Angleterre... En revanche, dans le sud – au Portugal, en Espagne, en Italie et en France –, il reste encore un potentiel industriel.
Laurie : Est-ce que vous pensez que les délocalisations ont aussi permis à des millions de Chinois de sortir de la grande pauvreté ?
J'ai conscience que cela a permis de donner du travail à certains, mais j'ai aussi conscience que cela n'a pas permis et ne permet toujours pas à ces millions de personnes de bénéficier d'une protection sociale, par exemple. Si le coût du travail est tellement bas dans ces pays, c'est parce que les conditions de travail sont difficiles et que les salaires sont dérisoires.
Et je rappelle que pour la Chine, par exemple, 300 000 prisonniers travaillent pour le secteur textile. Des dizaines de milliers d'enfants également. Il est donc évident que la France et l'Europe ne pourront jamais être compétitifs par rapport à la Chine.
Gus : Les autres pays européens, comme l'Allemagne dont on vente le modèle chaque jour, s'en sortent-ils mieux ? Ont-ils un "secret" industriel ?
Non, chaque pays d'Europe est confronté aux mêmes difficultés. Le pays qui s'en sort le mieux en Europe est l'Italie, parce que le gouvernement a autorisé beaucoup de travail au noir.
Rémi Paris 8 : En tant que syndicaliste, qu'attendez-vous des prochaines échéances électorales en terme de sauvegarde et de relance de l'industrie française et donc de l'industrie textile ?
Je pense qu'il y a plusieurs choses à faire. Il faut une vraie politique industrielle à l'échelle européenne et en France. Il faut aussi que le politique retrouve sa place dans l'économie. Que les règles du jeu soient plus strictes. Que le politique soit plus strict sur les aides publiques octroyées aux entreprises.
Deux propositions pourraient permettre d'améliorer les règles : 1) donner la possibilité aux syndicats d'intégrer les conseils d'administration, là où se dessinent les stratégies d'entreprises ; 2) donner la possibilité aux représentants des salariés d'un droit de surseoir pour permettre à un juge de vérifier le bien-fondé d'une restructuration.
Antoine : Vous parlez de Vuitton, Hermès ou bien Lacoste... Il s'agit là de marques de grande renommée extrêmement bien implantées sur le marché. Mais pour un entrepreneur qui décide de lancer sa propre marque de prêt-à-porter, et qui voudrait faire produire en France, c'est clairement impossible, le coût du travail étant trop élevé.
Ce n'est pas le coût du travail, le problème. Pas obligatoirement. Le problème est de savoir si on a un produit qui tient la route ou pas. C'est le discours que j'ai entendu hier toute la matinée à l'Elysée. Même le président de la République reconnaît que la compétitivité ne s'arrête pas au coût du travail.
Pierre : Vous parlez de l'existence d'un véritable créneau sur le moyen et le haut de gamme, ainsi que la nécessité de miser sur l'innovation et la recherche. Or il me semble que la fonction première d'un vêtement est de s'habiller et compte tenu du pouvoir d'achat des Français qui diminue, je ne suis pas convaincu que ceux-ci aient les moyens d'acheter français.
Si on met des règles douanières à l'échelle européenne, comme les Chinois ou les Américains le font, on laisse plus de possibilité à des industriels de pouvoirdévelopper des produits compétitifs. Quand un producteur français décide depénétrer le marché chinois, il paie aujourd'hui 80 % de frais de douane. La question est de savoir si on reste naïf dans la mondialisation, ou si on met des règles qui permettent à tout le monde de pouvoir vivre correctement.
Kioui : La France a fait le choix depuis de nombreuses années de tourner le dos à l'industrie et a préféré se développer autour d'emplois (très) qualifiés. Ce modèle est-il réversible ? La France peut-elle reconstruire un tissu industriel ?
Je pense qu'il n'est pas trop tard à une condition : que nos politiques ne bradent pas nos industries. Si le textile a été aussi malmené, c'est parce que pour acheterdes TGV, vendre des centrales nucléaires ou vendre des Airbus, on a laissé entrersur le marché européen des millions de T-shirts ou de chemises. Encore une fois, le politique doit s'assurer que des règles équitables entre les zones soient instaurées.
Rémi Paris 8 : Vous pensez donc que l'avenir de l'industrie textile française passe par l'Europe. Mais n'avez-vous pas peur de voir se délocaliser le peu de production qu'il reste en France dans les pays de l'Est, comme ce fut le cas dans l'industrie automobile ?
Oui, je suis d'accord avec vous. Il est évident que l'Europe telle qu'elle est construite aujourd'hui permet encore du dumping entre pays européens. Il est urgent, à l'échelle européenne, d'avoir une politique fiscale, sociale, économique et un vrai gouvernement européen. C'est à ce prix que nos industries ne subiront pas de plein fouet les inégalités entre pays.
Dany : C'est le peuple qui va payer les prix de ces taxes douanières. Aujourd'hui, où notre pouvoir d'achat est limité, estimez-vous qu'il est favorable d'augmenter encore les prix ?
Ce sont des produits importés, arrivant des pays asiatiques qui seront pénalisés. Donc les entreprises qui ont fait le choix de la délocalisation.
Mimi : Dans quel état d'esprit sont les ouvrières de Lejaby aujourd'hui ? Que va faire la CGT pour elles ?
Les salariées de Lejaby sont malheureusement désespérées. 60 % d'entre elles seront licenciées. Sur 450 salariées, seules 194 seront réembauchées. La Fédération textile-habillement-cuir continue d'échanger avec le ministère pour qu'une solution viable soit offerte à chaque salariée. Les choses sont malheureusement très difficiles.
Djanf : N'est-il pas l'heure de reconstruire un idéal international de défense des ouvriers ?
Il faut des règles équitables pour tout le monde, dans les différentes zones de la mondialisation, pour que chacun puisse vivre. Il ne faut pas opposer les salariés aux salariés, il faut permettre une protection sociale pour tous. Aujourd'hui, 89 % des salariés de la planète n'en ont pas.
Julie : Comment expliquez-vous la forte implantation d'entreprises de confection espagnoles et françaises au Maghreb ? Comment font-elles pour"survivre" face aux productions chinoises ?
Si autant d'entreprises se situent aujourd'hui au Maghreb, c'est parce que l'Union des industries textiles en France avait décidé, pour tenir le choc de la libéralisation des échanges, de faire fabriquer une grosse partie de leur production au Maghreb. Mais beaucoup d'entreprises au Maghreb se trouvent aujourd'hui dans les mêmes difficultés que la France et d'autres pays, car le coût du travail est encore trop élevé dans ces pays par rapport à la Chine.


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L'état d'urgence [TXT_SIGNATURE_CHRONIQUE]Christian Seguin.


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Aubaine
Achevant son sinistre forfait à l'arme blanche, le bourreau américain Standard and Poor's destitue EDF et sa filiale RTE, le Réseau ferré de France, l'Unedic, les Hôpitaux de Paris, la Caisse d'amortissement de la dette sociale, l'Assistance publique, ainsi que notre glorieuse SNCF, en attendant une possible attaque meurtrière en 2012 et 2013 qui frapperait les scouts, le crapaud vert, l'équipe de France de football et l'aulne glutineux. Cette agression sans précédent n'entame absolument pas l'enthousiasme contagieux du président actif. D'abord parce que Standard and Poor's, isolée dans son aigreur, n'est pas suivie par les autres tortionnaires, dont la sentence définitive est espérée quelques semaines avant l'élection. Il ne s'agit donc pas d'une mauvaise note, mais d'un simple excès de fiel qui n'a aucune incidence sur les marchés. La France n'a pas à subir la violence de ces gens-là, qui, d'ailleurs n'ont aucunement conscience du bonheur collectif qui embaume le pays.
Ensuite parce que, au moment où 1 000 chômeurs s'inscrivent chaque jour au Pôle emploi, un comité de salut public est en place pour sauver la République en deux mois et demi. Ça usine de partout, les ambulances foncent vers tous les fronts, les lapins bondissent des chapeaux et, de sommets sociaux en pactes de compétitivité, on voit mal comment tant d'héroïsme ne transformerait pas l'impopularité du berger en or massif. La vérité c'est que cette dégradation tapageuse, supposée destructrice, est un don du ciel.
Débat
De quel droit et au nom de quoi un seul adhérent peut-il imposer ses convictions à ceux qui ne les ont jamais partagées ? Quelle posture doit adopter un chef, si tant est que la nécessité de son existence soit prouvée ? La parole d'un seul vaut-elle d'être portée, si elle met en danger la maturité du groupe ?
Les ateliers-débats de l'université d'été du Parti socialiste se poursuivent avec une fraîcheur juvénile revigorante. Après le nucléaire, les retraites et le quotient familial, la création de postes dans l'Éducation nationale déclenche un concert de vuvuzelas. L'aile gauche se dissocie de l'aile droite, sans que l'on sache s'il y a un corps.
Face à ce dysfonctionnement purement technique, le PS rappelle fermement aux officiers en surnombre les fondamentaux du règlement. 1. Le porte-voix doit exprimer la même chose que la voix. 2. C'est le chef qui formule la pensée. 3. Il a raison. 4. On le chante.
Enterrement
Les ouvrières de Lejaby, fleuron de la lingerie haut de gamme made in France délocalisé en Tunisie et vendu au tribunal de commerce pour 1 euro, auraient pu mourir à bas bruit, loin des autoroutes de l'information, comme une quelconque entreprise de textile de Saône-et-Loire ou un équipementier automobile inconnu du Bas-Rhin.
Or, elles ont cette chance inouïe d'agoniser à la saison des élections, la saison des fruits, qui leur offre sur un plateau télé tous les tribuns en croisade, solidaires, outrés et conquérants.
Un enterrement cinq étoiles qui place Lejaby au rang émotionnel des Conti, Molex et Gandrange. Le tombeau de la classe ouvrière entretenu par les fonds de pension mérite bien trois mois de cérémonies tonitruantes, avant que l'épais nuage de cendres recouvre lentement les corps.
Mariage
Parmi les objectifs à atteindre d'ici au mois de mai figure la valorisation du mariage civil. Le mariage tel qu'il avait été imaginé à l'aube des civilisations pour donner un avenir à l'espèce humaine en donnant naissance à des enfants qui deviendraient autonomes bien avant l'âge de 30 ans a sensiblement dérivé vers les bas calculs d'économies d'impôts. Au fil du temps, l'absence d'un grand dessein semble avoir épuisé les réserves d'eau et grillé le maïs. Le nombre d'unions républicaines rétrécit comme peau de chagrin, et la moitié partent en quenouille de bonne heure.
Le ministère d'État à la Famille souhaite donc secourir les jeunes amants subjugués par la croisière au long cours avant qu'ils deviennent adversaires à trois avocats dans le premier trou d'eau.
D'où l'idée d'en finir avec les mariages à la chaîne alignés en mai façon amuse-gueule sur un tapis roulant à sushis. Et de proposer aux aventuriers un kit de préparation aux tempêtes imprégné du Code civil, avec des modules de formation pour le personnel d'encadrement et un guide de bonne conduite délivré à chaque équipage. Une sorte de CAP du vivre à deux en apnée, pourquoi pas avec cours du soir, qui imposera de s'interroger sur le sens de l'engagement plutôt que sur le nombre de bouteilles offertes aux invités.
Ainsi les amoureux des temps nouveaux devraient-ils renforcer leurs défenses immunitaires et se préparer en conscience à l'achat d'une tondeuse autotractée


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