mercredi 1 août 2012

Premières nominations dans le corps diplomatique français


François Gouyette, ambassadeur à Tripoli de 2008 à 2011, va être envoyé à Tunis.
François Gouyette, ambassadeur à Tripoli de 2008 à 2011, va être envoyé à Tunis

L'Élysée et le Quai d'Orsay se défendent de conduire une «chasse aux sorcières» alors que plusieurs ambassadeurs doivent être nommés ce mercredi lors du Conseil des ministres.

Une première vague de nominations d'ambassadeurs depuis le retour de la gauche au pouvoir devrait être annoncée mercredi à l'issue du dernier Conseil des ministres avant les vacances du gouvernement. À l'Élysée, on souligne qu'il ne s'agira en aucun cas d'une «chasse aux sorcières» en affirmant que les postes sont pourvus en fonction de la «compétence» des intéressés.
«Le Quai d'Orsay n'est pas sectaire», fait-on écho de l'autre côté de la Seine. Après le quinquennat de Nicolas Sarkozy, qui ne tenait pas forcément en haute estime les diplomates, François Hollande et Laurent Fabius ont manifestement décidé de calmer le jeu. Trois ambassadeurs «de droite» en poste dans des capitales de premier plan, François Delattre (Washington), Bernard Emié (Londres) et Maurice Gourdault-Montagne (Berlin) sont maintenus.
Force est de constater que les toutes premières nominations du gouvernement socialiste en matière diplomatique, hormis celles intervenues au cabinet du ministre, ne semblent pas avoir été dictées par des critères politiques. C'est ainsi qu'un diplomate ayant longtemps travaillé avec Jacques Chirac, l'ex-ambassadeur (en Syrie, en Irak et au Vietnam) Jean-François Giraud, a été nommé, fin juin, à la tête de l'importante direction Afrique du Nord - Moyen-Orient du Quai d'Orsay.
Les usages consistant, pour tout nouveau chef de la diplomatie, à ménager des portes de sortie honorables aux proches collaborateurs de son prédécesseur, ont été respectés. Laurent Fabius n'entend pas remettre en cause les nominations prévues avant le 6 mai pour les membres de l'équipe Juppé. Son directeur de cabinet, Jérôme Bonnafont (ex-collaborateur de Jacques Chirac à l'Élysée puis ambassadeur en Inde) devrait hériter d'une importante ambassade dans un pays de l'Union européenne.

François Gouyette à Tunis

François Gouyette (ambassadeur à Tripoli de 2008 à 2011) va être envoyé à Tunis. Classé à gauche, cet arabisant est surtout connu comme un bon spécialiste de la région. Sa nomination était de surcroît «dans les tuyaux» depuis plusieurs mois. Il remplacera Boris Boillon, figure emblématique de l'écurie diplomatique des «Sarko-boys».
Plus prégnant que le clivage politique, la rivalité chiraquiens-sarkozystes a joué, dès lors qu'Alain Juppé a pris les rênes au Quai d'Orsay. Conseiller de Nicolas Sarkozy, Olivier Colom n'a guère reçu de propositions de l'ancienne équipe du Quai. Il est vrai que, comme certains de ses homologues de la «cellule» de l'Élysée, ce diplomate de 42 ans qui visait l'ambassade de Madrid a péché par ambition.
Cela a surtout été le cas de Damien Loras, 42 ans, et de Bertrand Lortholary, 43 ans, deux conseillers de Nicolas Sarkozy qui ont vu leur nomination (respectivement à Bangkok et à Djakarta) annulée par le Conseil d'État au motif qu'elles ne répondaient pas aux conditions énoncées par le décret de 2009 sur les ambassadeurs de France et les ministres plénipotentiaires, notamment celle stipulant que ceux-ci doivent avoir démontré, «par l'exercice de responsabilités d'encadrement, leur aptitude à occuper ces emplois».
Un autre clivage pourrait, à l'avenir, peser sur les nominations, celui distinguant les diplomates «gaullo-mitterrandiens» des «atlantistes», surtout si la première posture s'affirme au détriment de la seconde. Un paramètre dont on ne peut néanmoins pas affirmer à ce stade qu'il est déterminant. Ainsi, loué pour son activisme au Conseil de sécurité, l'ambassadeur auprès des Nations unies à New York, Gérard Araud, souvent qualifié de «néoconservateur», ne serait pas menacé.

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