jeudi 9 août 2012

France-Monde Syrie: les rebelles se retirent d'un quartier clé d'Alep


Photo AFP
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Les insurgés se sont totalement retirés jeudi du principal quartier qu'ils contrôlaient à Alep, deuxième ville de Syrie et enjeu crucial du conflit entre la rébellion et le régime, qui a nommé un nouveau Premier ministre après la défection de l'ex-chef du gouvernement.
Dans le même temps, l'Iran, fidèle allié du président syrien Bachar al-Assad, organisait une "rencontre consultative" sur la crise en Syrie, à laquelle participaient des diplomates de Russie, d'Irak, d'Afghanistan et du Pakistan.
Les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) qui combattent à Alep, poumon économique du pays où les combats font rage depuis le 20 juillet, ont indiqué s'être retirés du quartier emblématique de Salaheddine face à un bombardement particulièrement violent des forces du régime.
"Nous avons effectué un retrait tactique de Salaheddine. Il n'y a plus de combattants rebelles en raison d'un bombardement inouï et les forces du régime avancent dans le quartier", a indiqué Houssam Abou Mohammad, commandant de la brigade Dera Ashahba, une composante de l'ASL qui combat dans ce secteur.
Les brigades de l'ASL vont "constituer un nouveau front vers Seif al-Dawla et Machhad", deux quartiers plus à l'est, a ajouté Wassel Ayoub, commandant de la brigade Nour al-Haq de l'ASL".
Une source de sécurité à Damas a affirmé que "l'armée avançait rapidement en direction de Seif al-Dawla mais la prochaine bataille devrait avoir lieu à Soukkari", un fief des rebelles, plus au sud.
"Seulement 10% des renforts de l'armée ont été utilisés jusqu'à présent dans la bataille", a ajouté cette source, qui avait auparavant indiqué que 20.000 militaires avaient été déployés dans la région d'Alep pour mener cette bataille cruciale pour le régime confronté à une révolte depuis mi-mars 2011.
Près de 17 mois de violences ont fait plus de 21.000 morts selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Appuyées par des chars et des blindés, les forces du régime avaient lancé mercredi une offensive terrestre d'envergure, et annoncé à la mi-journée avoir repris Salaheddine, une information démentie alors par les rebelles.
Réunion à Téhéran
Trente-trois personnes ont été tuées mercredi à Alep, portant le nombre de morts dans le pays pour cette journée à 167, selon l'OSDH.
Jeudi, les violences ont fait 78 morts (35 civils, 25 soldats et 18 rebelles), dont 17 à Alep, selon un décompte cette organisation basée en Grande-Bretagne qui travaille avec un réseau de militants et de témoins à travers la Syrie.
Alors que le flux de réfugiés fuyant les violences croît chaque jour davantage, la France a envoyé par avion une équipe médicale militaire pour venir en aide à ceux qui se trouvent à la frontière jordanienne, une mesure décidée lundi par le président François Hollande.
Le Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) estime que plus de 276.000 Syriens ont fui les violences, principalement en Jordanie, Turquie et au Liban.
Quelque 2.200 réfugiés ont franchi la frontière turque ces dernières 24 heures, leur nombre total en Turquie dépassant désormais 50.000, ont indiqué jeudi les autorités turques.
Le régime du président Assad, ébranlé par la défection lundi de l'ancien chef du gouvernement Riad Hijab, a nommé jeudi le ministre de la Santé Waël al-Halqi au poste de Premier ministre, a annoncé la télévision syrienne.
Plus haut responsable à rompre avec le régime du président Assad, Riad Hijab a rejoint l'opposition selon un porte-parole, et il est arrivé mercredi matin en Jordanie avec sa famille.
A l'étranger, l'Iran organisait jeudi à Téhéran une "rencontre consultative" sur la Syrie.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a indiqué que douze à treize pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine devaient y participer.
La télévision iranienne a montré des images d'une trentaine de représentants d'Etats à cette conférence, dont des diplomates de Russie, d'Irak, d'Afghanistan et du Pakistan.
La Syrie n'y est pas représentée et le Liban voisin a fait savoir qu'il n'y participerait pas en respect de sa "neutralité" dans le conflit. Kofi Annan, le médiateur démissionnaire de l'ONU et la Ligue arabe, et le Koweït ont également décliné l'invitation.
A cette occasion, M. Salehi a rappelé la position de son pays qui est le "rejet de la violence et la tenue d'un dialogue national".

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