lundi 30 juillet 2012

Bataille pour l'UMP : les jeunes courtisés

Alors que ni les Jeunes UMP ni les Jeunes actifs du parti ne devraient prendre position pour l'un des candidats à la présidence de l'UMP, les prétendants au leadership de l'opposition courtisent la jeune garde du parti. Mais cette dernière exige le renouvellement générationnel au sein du parti.
Benjamin Lancar Jean-François Copé François Fillon Bruno le Maire Jean-François Copé, François Fillon et Bruno le Maire, trois candidats à la présidence de l'UMP qui encadre le leader des Jeunes populaires, Benjamin Lancar (en chemise bleue). (Maxppp)
Le nouveau président de l'UMP n'est désigné que dans quatre mois, mais déjà, les 18.000 jeunes adhérents du parti sont courtisés par chaque prétendant au poste. Et ce sont les soutiens de François Fillon qui ont dégainé les premiers : mardi dernier, un communiqué révélé sur Parismatch.com indiquait qu'une trentaine de responsables des Jeunes populaires, dont le président de leur structure Benjamin Lancar, soutenait la candidature de l'ancien Premier ministre.
Benjamin Lancar a toutefois démenti : contacté lundi par leJDD.fr, il indique ne pas souhaiter s'exprimer, ni à titre personnel ni en tant que président des Jeunes UMP. Alors qu'il se concentre sur ses études après sa défaite aux législatives, il préfère réserver sa décision politique pour la rentrée. Un retrait d'autant plus prononcé qu'en décembre, après le congrès du parti, aura lieu la désignation du président des Jeunes populaires.

De la spontanéité des soutiens

Mickael Camilleri, délégué national des Jeunes populaires et soutien de François Fillon, a tenté de démêler auprès du Figaro l'imbroglio Lancar : "Les jeunes se rassemblent spontanément autour de Fillon, sans organisation officielle." Interrogée par leJDD.fr, Camille Bedin, secrétaire nationale de l'Egalité des Chances à l'UMP, retourne l'argument : "Pour les jeunes, et plus largement les militants, Jean-François Copé est celui qui a le plus l'envergure, qui a le plus la niaque pour reconquérir au nom de l'UMP l'espace politique pris par la gauche."
Proche de l'actuel secrétaire général du parti, elle a lancé mercredi dernier un comité de soutien pour appeler à parrainer, dès à présent, Jean-François Copé, toujours candidat officieux. "De nombreux relais dans les fédérations, dont beaucoup de jeunes, nous demandaient une telle initiative", affirme-t-elle.
Président de l'Union des jeunes pour le progrès (UJP), le "mouvement des jeunes gaullistes", Rudolph Granier observe ces initiatives avec scepticisme. "Les jeunes militants sont plus aguerris que cela et sauront choisir leur candidat sans qu'on les y pousse", explique-t-il au JDD.fr. Selon lui, les adhérents de l'UJP, une structure indépendante par rapport aux Jeunes UMP rattachés au parti, soutiennent, pour la plupart, Nathalie Kosciusko-Morizet ou François Fillon. Mais, à l'instar des Jeunes populaires ou des Jeunes actifs, chacun choisira "à titre personnel".

Un renouvellement générationnel tant voulu

Si les positions diffèrent sur la personnalité de chaque candidat, tous ont la même exigence, résumée dans une tribune signée par les Jeunes actifs de l'UMP - dont la plupart sont proches de Jean-François Copé - parue dans Libération le 5 juillet dernier : "Pour ce qui est du renouvellement générationnel, force est de constater que le changement n'est pas pour maintenant." La pique vise l'âge moyen des députés élus en juin, qu'ils soient de droite ou de gauche. Mais elle s'adresse aussi aux cadres du premier parti de l'opposition.
"Tout l'enjeu est de partir à la reconquête des territoires conquis par la gauche et ça, cela passe par un renouvellement de générations", estime ainsi Camille Bedin, pour qui "Jean-François Copé est expérimenté tout en incarnant les idées de la génération montante". "François Fillon était déjà candidat à la présidence du RPR en 1999", rappelle Rudolph Granier qui, lui, préfère défendre la candidature de NKM. Selon lui, cette dernière est, par son âge et les sujets qu'elle défend - le développement durable, le numérique ou le positionnement vis-à-vis du FN -, plus proche des jeunes.

"Des débats d'idées"

Mais, si chacun fourbit ses arguments et prépare le terrain, la campagne n'est pas encore lancée. Mise entre parenthèses le temps des trois premières semaines d'août, la bataille devrait vraiment débuter avec l'entrée en lice de Jean-François Copé, sans doute à la fin du mois.
Ayant annulé leur campus, avant tout pour des raisons financières, les Jeunes populaires ne veulent pas officiellement participer à ce début de campagne. De son côté, l'UJP a déjà prévu d'organiser des débats avec chacun des candidats. "Des débats d'idées", insiste Rudolph Granier, "car ce sont sur des idées que les militants pourront se déterminer". Camille Bedin argue également en ce sens : "Si un duel est attendu entre François Fillon et Jean-François Copé, c'est bien sur le fond. Les jeunes n'ont ont besoin de nouvelles figures mais surtout d'un renouvellement idéologique."
Gaël Vaillant - leJDD.fr
lundi 30 juillet 2012

Ma liste de blogs

PARTAGER

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...