mercredi 4 avril 2012

Pourquoi ils ont parrainé Jacques Cheminade



Par , publié le 04/04/2012 à 15:08, mis à jour à 15:28
Pourquoi ils ont parrainé Jacques Cheminade
Jacques Cheminade a bien obtenu ses 500 parrainages, et les élus qui lui ont donné leur signature ont chacun leur raison...
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Alors que certains contestent la légitimité de Jacques Cheminade dans la course à l'Elysée, plus de 500 élus lui ont accordé leur signature. Par conviction? Parce qu'il était le premier à leur demander? Ou par dépit? 

La liste des 500 premiers parrains de Jacques Cheminade a été publiée samedi par le Conseil constitutionnel. Comme le souligne l'AFP qui a compilé les données, ce sont presque exclusivement des maires, des hommes à près de 90% et issus d'environ 80 départements. Les très petites communes (moins de 200 habitants) sont surreprésentées, tandis que les communes de plus de 1000 habitants représentent à peine 10% de ses parrainages. 
L'Express a contacté plusieurs de ces élus, et s'ils sont nombreux à évoquer le soutien à un "petit candidat", c'est rarement la seule raison qui les pousse à donner leur paraphe à Jacques Cheminade. 
La voix d'un "petit" contre la finance
Avec une campagne centrée autour de la lutte contre la finance, il n'est pas étonnant que cet argument revienne, sous différentes formes, dans les discours des parrains de ce candidat. 
Paul Divanac'h, maire de Ponévez-Porzay dans le Finistère (1677 habitants), a rencontré Jacques Cheminade deux fois, pendant deux heures, dont une fois en présence d'un représentant américain du mouvement de Lyndon Larouche. Les deux principaux aspects du programme qui l'ont séduit? "Le refus du contrôle des Etats par la finance et la remise en question de la ligne atlantiste de la politique étrangère de la France." Il est aussi conquis par le projet spatial du présidentiable, qui lui rappelle les années où "ça faisait rêver et cela permettait la collaboration entre de grandes nations." Le fait que Cheminade soit un "petit candidat" ne le rebute pas, au contraire "cela fait une voix qui n'est pas du sérail qui sera entendue." 
C'est aussi l'aspect économique du programme de ce candidat qu'a retenu Alain Blanc, maire d'Arvieux, petite commune de 368 habitants dans les Hautes-Alpes. Il dit également avoir "voulu être démocrate": "Les petits maires, par principe, soutiennent les petits candidats." L'élu glisse toutefois: "Je croyais que c'était urgent quand ils m'ont appelé en novembre, je ne savais pas comment ça (les parrainages, ndlr) fonctionnait." 
Pour Olivier Citron, maire d'Augerville-la-Rivière dans le Loiret (233 habitants), c'est un peu un "hasard" qui l'a amené à donner sa signature à Jacques Cheminade: "Ses militants sont les premiers qui sont venus", dit-il. Au-delà de ça, il a trouvé leur démarche "assez sincère et explicite". Et les troupes du candidat se sont aussi déplacées pour rencontrer René Mazet, maire de Merles, dans le Tarn-et-Garonne (249 habitants). Il faut dire qu'il l'avait déjà parrainé en 2002. "Pourquoi ? Je ne sais pas trop, y'a rien en particulier qui m'a convaincu, mais c'est un petit candidat, ça fait un candidat de plus, voilà." 
Le coeur à l'extrême gauche
Michel Gall, maire de Paizay-Naudouin-Embourie dans la Somme, a connu l'action de Jacques Cheminade lors du Congrès des maires en 2008. 
Quand on lui demande pourquoi il a accordé sa signature à ce candidat, il rigole, avant de justifier son choix: "Je trouve ses propos intéressants, notamment l'approche globale des crises qui sévissent dans le monde et l'explication des systèmes financiers. Il a un côté didactique, pédagogue." Il rappelle aussi que ce candidat "avait parlé du risque de cataclysme financier dès 1995." 
Pour autant, il n'est pas d'accord en tous points avec le candidat Solidarité et Progrès, "il y a un certain intellectualisme, un certain élitisme auxquels je ne souscris pas, et puis sur Obama...". Il faut dire que ce retraité qui s'occupe de quelque 400 habitants, s'il n'est pas encarté, est "à l'extrême gauche, point de vue coeur". 
Les polémiques sur l'invalidation des comptes de campagne en 1995 ou sur l'influence de Lyndon Larouche, il en a entendu parler par ses "anciens collègues, qui sont au NPA" et qui lui ont demandé "pourquoi tu soutiens ce facho?". Mais pour cet élu, il ne s'agit probablement que de tentatives pour discréditer Jacques Cheminade. 
Le lac Tchad, les trains et la ruralité
Bruno Bethenod, maire d'Arceau en Côte d'Or (661 habitants) se souvient aussi très bien des raisons qui l'ont poussé à parrainer Jacques Cheminade. Deux fois. En 2007, il remarque "un point de convergence en particulier, un sujet ignoré, dont personne ne semble se soucier à part lui: la déshydratation du lac Tchad en Afrique." 
Selon cet élu, ce phénomène est à l'origine de graves tensions politiques, et aide le "colonialisme fort et virulent des chinois" que personne ne dénonce. En 2012, c'est un échange de bons procédés qui l'amène à renouveler son parrainage. Cheminade signe son Manifeste pour la défense de la ruralité, et lui signe sa fiche pour valider sa candidature. 
Cette défense de la ruralité, qui tient effectivement une place de choix dans le très complet programme de Jacques Cheminade, a aussi participé à la décision de Sylvain Hinschberger, maire de Bourgaltroff en Moselle (282 habitants). Pour lui, il est essentiel de "remettre la commune au centre des débats en France, on a de moins en moins de pouvoir et de financement, et il veut changer ça, mettre un frein à la réforme de 2010 qui se fait de manière unilatérale." 
Autre motif peu commun pour soutenir ce candidat? Henri Quoniou, conducteur de TGV et maire de Saint-Souplet-Escaufourt dans le Nord (1302 habitants), explique qu'en dehors de l'idée d'aider un "petit candidat", l'évocation par Jacques Cheminade d'un projet de "voies ferrées qui relieraient tous les états européens jusqu'en URSS" (sic) a peut-être influencé son choix. Cette année, c'est d'ailleurs la troisième fois qu'il apporte son parrainage au candidat Solidarité et Progrès. 

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