mercredi 4 avril 2012

Le président serbe démissionne, et sera candidat à sa succession



Le président serbe Boris Tadic le 13 mars 2012 à Belgrade
Le président serbe Boris Tadic le 13 mars 2012 à Belgrade (Photo AFP)

Boris Tadic entend avancer la date du scrutin pour aider son parti, mais la mesure est décriée jusque parmi ses alliés.

Le président serbe Boris Tadic a annoncé mercredi sa démission, neuf mois avant la fin de son mandat, permettant ainsi la tenue d'élections générales le 6 mai, une démarche décriée même par certains de ses alliés, mais qui lui permettra de mieux épauler son parti dans ces scrutins.
«J'ai décidé d'écourter mon mandat afin de permettre la tenue de l'élection présidentielle le 6 mai (...) et je serai candidat», a dit Boris Tadic selon la télévision d'Etat serbe.
Initialement, des élections locales, régionales et législatives avaient été convoquées pour le 6 mai, mais les hommes politiques et la presse locale avaient évoqué ces derniers jours une telle décision du président.
Boris Tadic, qui est déjà très engagé dans la campagne électorale de son Parti démocratique (DS), pour les législatives, brigue un troisième mandat.
«Ces élections seront l'occasion pour les citoyens de choisir la voie qu'il souhaitent emprunter. Je propose celle de l'intégration européenne et de la préservation de l'intégrité» territoriale du pays, a-t-il dit.

Succès européen

Tadic entend aussi capitaliser sur l'obtention par la Serbie, le 1er mars, du statut de pays candidat à l'adhésion à l'Union européenne, principale priorité de son administration en matière de politique étrangère.
Son principal adversaire devrait être Tomislav Nikolic le leader du Parti serbe du Progrès (SNS), la plus grande formation d'opposition. Nikolic a déjà été battu deux fois par Tadic aux présidentielles de 2004 et 2008.
La décision du président sortant pourrait également dynamiser une campagne jusqu'à présent très terne semblant intéresser peu les électeurs, estiment les analystes.
«Le scrutin général aidera les partis car le charisme des leaders augmentera le taux de participation», a déclaré à l'AFP l'analyste politique Vladimir Goati.
La tenue anticipée de l'élection présidentielle a néanmoins été critiquée par plusieurs formations, dont le Parti socialiste (SPS, allié au pouvoir) du vice-Premier ministre Ivica Dacic.
Ils redoutent que les projecteurs soient braqués surtout sur les candidats à la présidentielle, les plus charismatiques entraînant dans leur sillage leurs partis.
Ainsi, Ivica Dacic a annoncé qu'il serait candidat même si les analystes lui donnent peu de chances de parvenir au deuxième tour de la présidentielle.

La présidente du parlement à l'intérim

Jeudi, Boris Tadic informera de sa décision, par écrit, la présidente du Parlement, Slavica Djukic Dejanovic, à qui il reviendra ensuite de convoquer formellement l'élection présidentielle.
En vertu de la Constitution, une fois la démission du président officialisée, c'est Slavica Djukic Dejanovic qui exercera par intérim la fonction de présidente de la Serbie.
Le mandat de Tadic devait expirer le 15 février 2013.
La Constitution de Serbie modifiée en 2006, stipule qu'un candidat à la présidence peut être élu pour deux mandats de cinq ans chacun. Ainsi, s'il est élu, il s'agira du dernier mandat présidentiel pour Boris Tadic.
A la mi-mars, le président serbe avait convoqué pour le 6 mai la tenue d'élections législatives, les premières à ne pas être un scrutin anticipé depuis la chute du régime de Slobodan Milosevic en octobre 2000.
Des élections municipales dans l'ensemble du pays ainsi qu'un scrutin régional, dans la province de Vojvodine (nord), auront lieu le même jour.

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