jeudi 29 mars 2012

Une campagne peu enthousiaste ? Hollande s'explique



Le candidat PS affirme dans Le Monde qu' il "préfère gagner une élection présidentielle avec un peu moins d'enthousiasme que de la perdre avec beaucoup plus de ferveur". Il mise sur la cohérence de sa démarche.
Comment réagir face au bruit et la fureur deJean-Luc Mélenchon à gauche et Nicolas Sarkozy à droite ? Certains dirigeants socialistes ne cachent pas en privé leur perplexité face à ce moment de la campagne où leur candidat « n'imprime plus assez » l'opinion à la fois dans ses meetings ou passages médiatiques. « Il lui faudrait un nouveau Bourget qui fasse passer de l'émotion », confie un député PS chevronné. Ce grand rassemblement, il est en fait prévu le 15 avril à Vincennes. Mais d'ici là, il reste plus de 15 jours à tenir face au rouleau compresseur d'un président-candidat qui rythme sa campagne tel un feu d'artifices."Tenir bon" est d'ailleurs une expression fétiche du député de Corrèze.

Si son camp s'interroge forcément, François Hollande, lui, reste pour l'instant impassible. Dans un long entretien  au quotidien Le Monde daté de vendredi, il affirme porter « une démarche cohérente et exigeante ».  Comment expliquer, selon lui, que sa campagne semble ennuyeuse ? « La vie pour une majorité de Français est dure. La crise est là avec son cortège de souffrances, d'inquiétudes et parfois de doutes. L'échec du candidat sortant n'a pas amélioré l'image de la politique. Et pourtant, je sens depuis un an un mouvement se lever », affirme le candidat socialiste.

Le député de Corrèze rappelle souvent aux journalistes que sa campagne est longue car démarrée depuis un an avec la primaire PS et qu'il lui faut donc faire avec ce long chemin. Mais il se livre dans Le Monde à cette "confidence "qui fait bien sûr référence à la campagne précédente : « je préfère gagner une élection présidentielle avec un peu moins d'enthousiasme que de la perdre avec beaucoup plus de ferveur ».
Quelle "dimension affective" ? 
Interrogé sur « la dimension affective » d'un campagne présidentielle, ce registre des passions sur lequel Nicolas Sarkozy s'appuie toujours avec brio, François Hollande préfère lui parler « d'une rencontre entre un moment, une espérance portée par notre pays et un homme ou une femme pour l'incarner ». Et jusqu'à maintenant, cette rencontre, François Hollande la mène sur le terrain de l'argumentation rationnelle et non émotionnelle, refusant d'entrer dans les polémiques violentes ou les propositions qui font rêver. Mais lui plus que tout autre connaît les limites d'une campagne trop raisonnable puisqu'il a été l'un des acteurs de la campagne ratée de Lionel Jospin en 2002. Pourtant, lors d'un meeting en plein air jeudi à la mi-journée sous le soleil de Montpellier, le candidat PS a dénoncé la campagne de Nicolas Sarkozy voulant jouer sur les peurs et l'absence de mémoire des Français, privilégiant lui la critique du bilan du quinquennat alors que certains de ses amis considèrent que l'antisarkozysme ne suffira pas.

Ainsi, dès la parution de l'interview dans Le Monde, François Bayrou s'est dit en désaccord avec François Hollande sur l'enjeu de la présidentielle, expliquant à des journalistes qu'il ne s'agissait pas "de continuer ou de changer mais de s'en sortir ou pas". "Il ne suffit de changer le locataire de l'Elysée pour changer les politique du pays", a-t-il ajouté. "Certains changements sont mauvais, d'autres inexistants, d'autres très mauvais", a-t-il fait valoir, citant en exemple le cas de l'Espagne. Une nouvelle fois, François Bayrou prend ses distances avec le candidat socialiste, ce qui fait dire à certains dirigeants UMP que son rapprochement avec Nicolas Sarkozy après le 1er tour est envisageable. D'ici là, François Hollande va devoir retrouver le verbe haut. 

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