lundi 19 mars 2012

Traque du tueur à Toulouse : la stratégie de la police



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Par Jean-Marc LeclercMis à jour  | publié  Réactions (99)

Crédits photo : ERIC CABANIS/AFP

Les policiers ont pour mission de «noyer le terrain». Autrement dit être partout à Toulouse mais aussi dans un rayon de 100 km. Le Raid et le Gign se tiennent prêts à intervenir.


Après le drame ce lundi à Toulouse, devant une école juive de la ville, où un tireur fou en scooter a tué au moins quatre personnes, dont trois enfants, en blessant un troisième grièvement, la police n'a d'autre choix que de démultiplier son dispositif d'interpellation et d'enquête. Le mode opératoire, ce lundi, d'un homme en deux roues tirant au 11.43, puis apparemment au 9 mm, sur des innocents évoque celui du tueur de militaires qui a déjà frappé à deux reprises, abattant froidement un jeune maréchal des logis chef à Toulouse, Imad Ibn-Ziaten, le 11 mars dernier, puis tuant deux autres militaires et en blessant grièvement un autre à Montauban, le 15 mars dernier.
L'enquête mobilisait déjà les hommes du SRPJ de Toulouse depuis le 11 mars. Depuis le 15, les effectifs avaient été renforcés, portés à un cinquantaine d'hommes, le directeur central de la PJ, Christian Lothion, descendant en personne sur place, avec des experts de sa direction, notamment ceux de l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) - très calés en traque téléphonique - et des hommes de la sous-direction antiterroriste (SDAT). Parallèlement, les cyberpoliciers de la PJ à Nanterre se focalisaient sur les échanges internet du tueur avec le chef Ibn-Ziaten, sa première victime connue à Toulouse.

Une possible logique suicidaire

Jusqu'alors, la police voyait dans le ciblage des militaires un tropisme qui permettait d'imaginer une stratégie pour capturer le tueur ou le mettre hors d'état de nuire. Mais le fait qu'il s'en prenne désormais à des enfants à la sortie d'une école religieuse change la donne. Les surveillances et les éventuelles souricières à mettre en place en ville s'étendent. Il peut frapper n'importe qui, n'importe quand. «Sans doute est-il même engagé dans une logique suicidaire qui laisse craindre le pire, comme une prise d'otages sanglante où il mettrait fin à ses jours», spécule un ex-grand chef de la PJ contacté par Le Figaro.
La police doit «noyer le terrain» à Toulouse. Le drame de ce lundi en montre l'urgence. Sur place tous les effectifs ont été réquisitionnés. Des policiers arrivent en surnombre de Paris, où la DCPJ chapote désormais toute l'enquête, la SDAT venant d'être saisie officiellement par le parquet de Toulouse depuis ce lundi. Ce qui est logique, puisque l'attaque d'une école religieuse prend une dimension politique répondant aux critères de l'antiterrorisme.
La gendarmerie aussi prend part au dispositif qui ne se limite pas à Toulouse. Comme l'assassinat de Montauban en atteste, le tueur est mobile. Circulant avec son scooter rapide - un Yamaha T-Max-, il peut frapper dans un rayon de 100 kilomètres autour de la ville rose, à Agen, Carcassonne, Gaillac ou Castres. Et même dans les communes rurales avoisinantes. Là où il pense peut-être qu'on ne l'attend pas. La mobilisation des forces de l'ordre est générale. Le Raid et le GIGN se tiennent près à intervenir à tout moment.

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