mercredi 21 mars 2012

A Montauban, recueillement et soulagement aux obsèques d'un des soldats abattus



publié le 21/03/2012 à 14:00, mis à jour à 14:48
A Montauban, recueillement et soulagement aux obsèques d'un des soldats abattus
afp.com/Pascal Pavani

MONTAUBAN - "C'était intelligent, profond, et bien sûr on est soulagé" : dans la cathédrale de Montauban, le recueillement et le soulagement étaient palpables aux obsèques du caporal Abel Chennouf, après l'encerclement de l'homme soupçonné de l'avoir abattu comme six autres victimes.

A 10H30, un petite centaine de Montalbanais, le visage fermé, ainsi que de nombreux militaires, dont une quarantaine de soldats de la compagnie à laquelle appartenait le jeune militaire de 25 ans, accueillent avec émotion le cercueil recouvert du drapeau tricolore porté par huit compagnons d'armes du 17e RGP dans la nef de la cathédrale Notre-Dame de l'Assomption.
Au premier rang, les parents d'Abel Chennouf - seul soldat de confession catholique parmi les trois militaires tués les 11 et 15 mars à Toulouse et Montauban - se serrent l'un contre l'autre, tandis que la compagne du jeune caporal, Caroline, enceinte de sept mois, reste assise, prise de sanglots.
"Nous sommes ce matin un peuple uni au-delà des conflits de pensées et des divisions car c'est l'Homme qui est en jeu et nous voulons en montrer la dignité", déclare l'évêque de Montauban, Mgr Bernard Ginoux en ouverture de la cérémonie à laquelle assistent des représentants religieux des communautés juive, protestante et orthodoxe.
"Toute la France est bouleversée, toute l'armée est sous le choc", témoigne l'aumonier en chef des armées, Luc Ravel. L'évêque militaire évoque au cours de son homélie le meurtre d'Abel par son frère Caïn, rappelant que "la foi est ce qui rachète (...) au moment où nous risquons d'être emporté par la haine".
Dans les rangs des militaires du 17e RGP, dont un deuxième membre a été tué et un troisième grièvement blessé par le tueur, les visages tentent de rester impassibles. Devant le cercueil, un colonel évoque le souvenir d'un soldat joyeux", un "excellent sportif", avant qu'un aumônier n'entonne la "prière des parachutistes".
Après une heure de recueillement et de prières, le cercueil est porté jusqu'au parvis de l'église où il est solennellement salué les compagnons d'armes du 17e régiment.
"C'était émouvant, c'était très intelligent et profond", a réagi Catherine de Vivier, une habitante de Montauban, à la sortie de l'église devant laquelle s'était déployés des CRS tandis que des tireurs d'élite, invisibles, étaient postés dans l'église, selon la maire UMP de la ville, Brigitte Barèges, présente à la cérémonie.
L'élue, visiblement émue, s'est félicitée d'une "cérémonie très poignante, émouvante comme toujours lors des hommages du 17e régiment à ses morts". "On est soulagé, pour la ville de Montauban, et aussi pour la journée d'aujourd'hui", ajoute-t-elle, réagissant à l'annonce de l'encerclement de l'assassin présumé de sept personnes - les trois militaires, ainsi qu'un homme et trois enfants tués lundi devant une école juive - à Toulouse et Montauban.

Ma liste de blogs

PARTAGER

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...