dimanche 18 mars 2012

Les coptes, rassemblés, pleurent leur patriarche



Des milliers de coptes affluent de toute l’Égypte pour rendre un dernier hommage au patriarche.
Recueillement de chrétiens coptes égyptiens dans la cathédrale Saint-Marc du Caire, en hommage à ...
MOHAMED HOSSAM/AFP

Recueillement de chrétiens coptes égyptiens dans la cathédrale Saint-Marc du Caire, en hommage à Chenouda III.

Son corps est exposé pour trois jours dans la cathédrale d’Abbasiya, au Caire.
Avec cet article
Un châle noir sur la tête, les yeux rougis par les larmes, Maryam lève les mains vers le ciel. « Que va-t-on devenir sans lui ? »,  soupire cette cinquantenaire, qui pleure « Baba Chenouda », sur le parvis de la cathédrale d’Abbassiya, samedi 17 mars.
Elle est venue avec son fils, sa belle-fille et leurs trois enfants. Assis les uns contre les autres, ils sont décidés à rester là toute la nuit, malgré le froid. Au petit matin, le corps du défunt va être amené dans la cathédrale. « Nous attendons pour aller prendre sa  baraka »  (« bénédiction »),  dit Maryam.
Dimanche, en milieu de journée, la foule dans l’enceinte de la cathédrale était devenue compacte et des dizaines de milliers de coptes endeuillés remplissaient les rues autour de l’église. 
Certains sont venus de Sohag ou Minya, dans le sud du pays, d’autres du delta du Nil. Des groupes de scouts, des vieillards appuyés sur une canne ou des jeunes filles toutes vêtues de noir.

« NOUS SOMMES TRÈS TRISTES, MAIS BABA CHENOUDA EST PARMI LES SAINTS »,

Une certaine sérénité a remplacé les effusions de larmes. « Nous sommes très tristes, mais Baba Chenouda est parmi les saints »,  confie Bishoi, étudiant de 19 ans, originaire de Suez. « Je me souviendrai de sa sagesse : quand il y avait des violences entre chrétiens et musulmans, il nous conseillait de ne pas y participer. »  
Tous les jeunes coptes ne sont pas de son avis. Depuis la révolution, alors que les attaques contre les chrétiens sont plus fréquentes, certains d’entre eux se sont engagés dans des mouvements, comme l’Union des jeunes de Maspero, qui critiquent l’attitude conciliante de l’Église face au pouvoir. 
Lorsque le pape Chenouda a publiquement remercié l’armée pour sa gestion de la transition lors de la dernière messe de Noël, certains ont été scandalisés : deux mois plus tôt, en plein centre du Caire, des blindés avaient foncé sur la foule des manifestants coptes, tuant une vingtaine de personnes.

LE PROCHAIN PAPE « NE DEVRA PAS SE MÊLER DE POLITIQUE ».

« Nous avons critiqué les décisions du pape Chenouda face à l’armée, mais pas sa personne. C’était un homme fantastique, un symbole de la nation égyptienne »,  précise Mina Thabet, membre de l’Union des jeunes de Maspero. 
Le jeune activiste espère pourtant que le rôle de l’Église va changer avec le prochain pape. « Il devra s’occuper de nous sur le plan religieux, mais ne pas se mêler de politique. Les chrétiens doivent désormais être des citoyens comme les autres. C’est pour cela que nous devons être très vigilants lors de l’écriture de la nouvelle Constitution. »  
Mais avec un Parlement où Frères musulmans et salafistes sont largement majoritaires, beaucoup de coptes s’inquiètent de la place qui va leur être réservée dans la nouvelle Égypte, et la disparition de leur guide les effraie un peu plus.

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