samedi 24 mars 2012

L'embellie économique profitera-t-elle au futur président?



 Par Sébastien Julian publié le 23/03/2012 à 19:17

A un mois des élections, l'INSEE relève légèrement ses perspectives de croissance. Mais la France doit réduire ses déficits et le contexte international est loin d'être dégagé.

Le président candidat Nicolas Sarkozy était l'invité de l'émission "Des paroles et des actes" sur France 2 mardi 6 mars 2012
Le président candidat Nicolas Sarkozy était l'invité de l'émission "Des paroles et des actes" sur France 2 mardi 6 mars 2012
REUTERS/Philippe Wojazer
C'est une bonne nouvelle que l'Insee apporte au gouvernement à un mois de la présidentielle. Jusqu'ici, la consommation des ménages tient tant bien que mal et l'investissement résiste un peu mieux que prévu, ce qui pourrait permettre à l'économie française d'éviter la récession. Bercy en a d'ailleurs immédiatement profité pour réviser en hausse à 0,7% sa prévision de croissance pour 2012. Les économistes, pourtant, ne masquent pas leur embarras. La résistance de l'économie française est curieuse : les chiffres de la production industrielle militent pour un recul de l'activité alors que le moral des patrons indique, lui, une légère progression. Autre bizarrerie : les échanges ont ajouté 0,7 point de croissance au quatrième trimestre 2011, alors que la France enregistre un déficit extérieur record. "Un mieux surprenant", titrent les experts de BNP Paribas, qui continuent d'anticiper - contrairement à l'INSEE - une croissance négative au premier trimestre 2012. Qui a raison? L'Insee, les économistes privés? Au-delà de cette querelle de chiffres, un constat s'impose. Le futur président héritera d'une situation difficile, en décalage avec le ton du dernier communiqué de Bercy qui se félicite de l'amélioration en cours des perspectives économiques.
Environnement international
Si le pire de la crise semble passé, l'environnement international restera plombé au cours des prochains mois par le trop plein de dette en Europe et la flambée des cours du pétrole. Côté dette, le Vieux continent va devoir renforcer son pare-feu, le mécanisme de sauvetage européen (MES) afin d'éloigner définitivement les risques de faillite au Portugal et en Espagne. Plusieurs options sont sur la table. Mais les négociations avec l'Allemagne, qui rechigne à mettre à nouveau de l'argent au pot, seront difficiles. De quoi éprouver les nerfs des investisseurs. En dehors du Vieux continent, si les Etats-Unis donnent des signes positifs, c'est maintenant la Chine qui inquiète. Côté pétrole, enfin, la situation restera tendue, laissant planer la menace d'unchoc pétrolier. Les stocks de brut demeurent très bas. Pour l'ensemble des pays de l'OCDE, ils ont atteint à la mi-février, leur niveau le plus bas depuis 2008. Et comme la production de l'Arabie Saoudite reste à un très haut niveau, il existe peu de soupapes de sécurité en cas de problème d'approvisionnement. Cela veut dire qu'en cas de dégradation du conflit avec l'Iran, les prix pourraient facilement grimper à 150 dollars. Difficile dans ces conditions, d'anticiper un redémarrage de l'investissement des entreprises.
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