mercredi 21 mars 2012

Léa Seydoux dans la cour des grands




À 26 ans, l’actrice tient le beau rôle dans Les Adieux à la reine de Benoît Jacquot.
Dans Les Adieux à la reine, elle joue une belle "liseuse" qui, de mémoire, cite Rousseau et Marivaux. Dans la vie, Léa Seydoux chante plutôt du Youssou N’Dour en wolof, contente de son effet. Charmeuse au regard clair et direct, la comédienne s’inquiète de ne pas mettre son nez plus souvent dans les classiques de la littérature. "J’aimerais. Mais en ville, on n’a jamais le temps. Faudrait que je me coupe un peu du monde." Pour l’heure, elle lit "plutôt des scénarios" et s’accommode de ce téléphone qui n’arrête pas de sonner. Rieuse encore, elle précise n’avoir pas tourné beaucoup de scènes de lecture sur Les Adieux à la reine : "Il s’agit d’abord d’un personnage épris, d’un regard. Travailler avec Benoît [Jacquot] est une chance. C’est l’homme cultivé. Mais quand il se place derrière la caméra, il n’est plus penseur, seulement observateur. Il laisse la vie reprendre le dessus." Léa Seydoux a le vent en poupe. À Cannes en 2010, elle était déjà la "french It-girl" vue dans le Robin Hood, de Ridley Scott. Un statut de star en devenir qui l’a propulsée toute gentille dans le dernier Woody Allen et très méchante dans Mission : Impossible 4. Ce qui ne l’empêche pas de rester proche d’auteurs européens à suivre, comme Rebecca Zlotowksi (Belle Épine) ou Djam-shed Usmonov (Le Roman de ma femme). Ces jours-ci, les cheveux coupés courts et teints en bleu, elle est à la disposition d’Abdellatif Kechiche qui la filmera ce printemps en peintre lesbienne dans Le bleu est une couleur chaude…

L’école buissonnière

L’ascenseur vers la gloire, la jeune actrice l’a pris en 2007, forte d’une détermination sans faille et d’un rôle émouvant, avec Christophe Honoré (La Belle Personne), sans préparation ni école de renom à faire valoir. "Ado, raconte-t-elle, mon désir n’était pas clair. Je rêvais d’être chanteuse, j’ai suivi des cours de chant. Mais la prof qui te dit sans cesse que tu respires mal, que tu te tiens mal, ça m’a gonflée." Côté art dramatique, elle a traversé quelques cours, en stage avec Bela Grushka ou aux Ateliers du Sudden, qu’elle ne veut pas mentionner. "Ce que je sais – pas grandchose ! –, je l’ai appris dans la vie. Je ne suis pas facile à dresser, je suis un être de liberté. Mais je crois au travail. J’observe les méthodes des autres acteurs. Jouer est un laboratoire en soi, un territoire d’expérience."

Son grand-père possède Pathé

Pour Benoît Jacquot, ce genre d’effronterie a ses avantages. "Je suis attaché aux actrices qui ont fait l’école buissonnière. Elles sont travaillées par un désir vital." S’il précise avoir souvent filmé "d’excellentes filles du Conservatoire", la fameuse présence d’un acteur relève du don : "Léa l’a. Elle sait être inattendue dès que ça tourne. Elle dégage quelque chose de profond et de secret qui tient, et à partir de quoi elle exprime des choses très différentes."
Des secrets, oui, l’actrice en a, mais pas concernant ses origines. Elle s’appelle Seydoux, comme son grand-oncle Nicolas qui préside la Gaumont, ou son père Henry, businessman remarié à l’ex-mannequin Farida Khelfa. Il y a aussi sa mère, Valérie Schlumberger qui commerce du design africain, entre autres. Et bien sûr, Jérôme, son grand-père milliardaire, qui possède la société Pathé mais décline les demandes d’interview. Sa tante, Judith Schlumberger, ancienne journaliste au JDD, nous avait prévenus : "Son grand-père l’aime bien mais il y a une distance. Il ne répondra pas. Léa s’est débrouillée seule, elle a fait plus de castings que de films. Au départ, sa mère voulait qu’elle prenne un pseudo. Léa, ça ne l’a pas effleurée." Fin 2012, elle s’autorisera son premier film "Pathé" avec Vincent Cassel, La Belle et la Bête, réalisé par Christophe Gans.

Égérie de Prada

"Dans ma famille, on ne parle pas de cinéma", jure l’actrice. Ses rencontres professionnelles, elle assure ne les devoir qu’à ellemême. "Tout ça, c’est mon travail. Les gens pensent ce qu’ils veulent." Elle souligne : "Je vois la vie comme un milieu hostile où il faut survivre. J’ai toujours eu peur d’être hors du monde, de finir sans-abri." Qui voudra bien la croire? Sans doute pas la maison Prada, qui en a fait sa nouvelle égérie. Le montant du cachet reste confidentiel. Patricia Lejeune, directrice de l’agence Silent, qui l’a convaincue de signer ce contrat, préfère s’attarder sur "sa fraîcheur espiègle… Les plus grands photographes la veulent, elle est mon meilleur mannequin!"


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