jeudi 15 mars 2012

Le message de François Hollande aux Américains


Les Américains se sont pris d'intérêt pour la campagne électorale en France. Du moins, les media. Après le Wall Street Journal, le New York Times consacre aujourd'hui un édito ravageur à la manière dont Nicolas Sarkozy a choisi la "route basse" pour essayer de ratisser à l'extrême-droite. 
    Le quotidien estime que le président français, qui a des réussites à son actif ("la réforme des retraites" et la Libye), aurait pu choisir de mener une campagne "plus élevée".
    D'autant que son principal opposant François Hollande ne met en avant que "des idées vagues et des propositions économiques non réalistes"... 
    Pour l'instant les articles sont surtout consacrés aux difficultés de Nicolas Sarkozy, aux "culture wars" qui affectent la France à son tour (non pas sur l'avortement mais sur la viande halal), et à Marine Le Pen, la fille de son père...
    François Hollande n'a pas encore eu droit à des grands portraits ou interviews comme celle qui a été publiée par le Spiegel.    Pour faire les présentations, le candidat a profité du déplacement d'un de ses amis, le président du Sénat Jean-Pierre Bel, à Washington et à New York. Il l'a chargé de prendre des contacts et porter des messages.
    Jean-Pierre Bel a rencontré John Kerry, John McCain et Dick Durbin, grand ami de Barack Obama. La sénatrice de Louisiane Mary Landrieu l'a emmené dans la chambre même du Sénat, privilège rare.
    Il n'était jamais venu aux Etats-Unis. Après ses rencontres, il s'est déclaré rassuré: les Américains "n'ont pas d'angoisse à voir venir l'alternance en France".
    Les Américains avaient simplement des questions sur la manière dont vont se dérouler les sommets du G8 et de l'OTAN.
    S'il emporte le deuxième tour le 6 mai, et prête serment le 17 mai, François Hollande n'aura que le temps de sauter dans l'avion (après être passé par Berlin) pour arriver à Camp David le 18.
     L'administration Obama (qui mérite le qualificatif de "control freak") déteste l'imprévu et détesterait encore plus qu'un nouveau venu perturbe l'entente cordiale, notamment sur l'Afghanistan, à quelques mois des élections (les conseillers d'Obama ont estimé que Nicolas Sarkozy avait certes le droit d'accélérer le retrait des forces françaises mais ils ont été irrités qu'il le fasse aux côtés de Karzai, et en parlant de stratégie globale de l'Alliance).
    Le président du sénat français a rassuré ses interlocuteurs. François Hollande "souhaite que ces rendez-vous se déroulent de la meilleure des façons":    - "On n'est pas là pour renverser la table", a-t-il dit.

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