dimanche 25 mars 2012

A la recherche d'un nouvel élan, François Bayrou détaille ses 100 jours


A la recherche d'un nouvel élan, François Bayrou détaille ses 100 jours

Le candidat centriste, qui stagne dans les sondages, a voulu rassurer les électeurs en livrant le calendrier de ses réformes. En meeting à Paris, il a dramatisé l'enjeu du scrutin .

Non le vote Bayrou n'est pas une aventure ! C'est en tout cas ce que le candidat centriste a voulu prouver aujourd'hui lors d'un discours très écrit prononcé au Zénith à Paris devant plus de 6.000 partisans. « Je suis venu vous parler d'espoir », un « espoir lucide, réaliste, courageux, offensif », a-t-il lancé d'entrée.
Ce meeting intervient à un moment critique pour François Bayrou, dont les intentions de vote stagnent autour de 12-13 % depuis début février et qui s'est vu relégué à la cinquième place derrière Jean-Luc Mélenchon par l'institut BVA, la semaine dernière. Afin de légitimer sa démarche, il s'est placé dans la filiation des discours « de vérité » de Mendès-France, Giscard d'Estaing, Barre, Rocard et Delors et a dramatisé l'enjeu de la présidentielle -« une question de vie ou de mort pour la République ».

'Loi de moralisation' de la vie publique

Il a aussi voulu rassurer en détaillant ce que seraient les 100 premiers jours de son mandat s'il était élu. Dès le 10 juin, les Français seraient consultés par référendum sur « une loi de moralisation » de la vie publique. Avant le 14 juillet, le gouvernement lancerait les grands chantiers : loi de finances rectificative avec économies budgétaires, hausse d'un point de la TVA et « abaissement » des niches fiscales ; création d'un emploi sans charge pour les entreprises de moins de 50 salariés et mise en place d'un « commisariat aux stratégies de production » chargé de coordonner le fameux « produire en France ».
L'été servirait à l'examen de ces textes par le Parlement, au vote de « mesures d'urgences » sur le logement et au lancement d'un « Grenelle de l'éducation ». A l'automne enfin, un « grand projet de loi sociale » créerait un « contrat de travail unique », et permettrait la participation des représentants des salariés aux conseils d'administration et aux comités de rémunérations des entreprises.

Le Pen et Mélenchon dans le viseur

François Bayrou a, comme toujours, ciblé le PS et l'UMP, mais aussi Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, en lançant sous les applaudissements : « C'est la démagogie qui détruit la démocratie et la liberté ! » Il est revenu sur la tuerie de Toulouse, atténuant ses propos de la semaine dernière : « Quand, sans aller jusqu'au terrorisme, la violence et l'intolérance montent dans toutes les couches de la société [...] alors la République, si elle ne se pose pas de questions, ne fait pas son devoir. » Il a pointé des manquements dans l'enquête sur « un assassin désaxé [...] repéré par tous les services [...] sans que nul ne soit en alerte ».
Dans l'équipe de François Bayrou, on veut toujours croire -officiellement -à une qualification au second tour. « Rien n'est écrit, tout est possible », répète l'ancien ministre Bernard Bosson. Mais certains commencent à anticiper l'entre-deux-tours. « 13 %, ça donne des capacités de jouer un rôle et pas un rôle anecdotique », confie Jean-Luc Bennahmias, vice-président du Modem. « Si François fait 15 %, il pourra poser ses conditions. De toute façon, il sera l'arbitre du second tour », veut croire l'ex-maire UDF de Rouen Pierre Albertini. A condition de choisir un camp.

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