jeudi 29 mars 2012

La pauvreté a gagné du terrain en France



L'Expansion.com avec AFP - publié le 29/03/2012 à 15:52

L'observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale dresse une situation préoccupante sur la pauvreté en France. Elle augmente depuis les années 2000. Le taux de pauvreté s'élevait à 13,5% de la population en 2009.

Reuters/Regis Duvignau
La pauvreté touche de plus en plus de personnes et avoir un travail ne suffit plus à s'en prémunir. Tel est le constat de l'Onpes, l'observation des tendances de la pauvreté et de l'exclusion sociale a rendu son rapport jeudi. Une exclusion qui ne va pas en s'arrangeant avec la crise économique et faute de mesures spécifiques, constate l'observatoire.
"L'observation des tendances de la pauvreté et de l'exclusion sociale depuis une dizaine d'années pointe d'abord des évolutions préoccupantes", souligne l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (Onpes) dans son rapport 2011-2012, qui a compilé et commenté une vingtaine d'indicateurs. Même si la France avait d'abord "plutôt bien résisté" à la crise 2008-2009, ses conséquences sont aujourd'hui "lourdes, multiples et échelonnées dans le temps", poursuit l'instance officielle.
13,5% des Français vivent sous le seuil de pauvreté
Ainsi, en 2009 (dernier chiffre disponible), le taux de pauvretéretrouvait son niveau de 2000, à 13,5% de la population, après un "point bas à 12,6%" en 2004, rappelle le rapport, publié à moins d'un mois du premier tour de la présidentielle. Nicolas Sarkozy avait promis en 2007 de réduire d'un tiers la pauvreté pendant son quinquennat. En raison du décalage des statistiques, on ne saura qu'en 2014 quelle est le taux de pauvreté de 2012. Ainsi, 8,2 millions de personnes vivaient en 2009 avec moins de 60% du niveau de vie médian (954 euros).
Si l'on prend en compte les indicateurs de la Commission européenne, 11,2 millions de Français subissaient en 2009 soit la pauvreté pécuniaire, soit des "privations matérielles sévères" soit une "très faible intensité de travail". 700.000 personnes cumulaient les trois situations.
L'Onpes s'inquiète particulièrement de la "montée indéniable de la grande pauvreté", a observé en conférence de presse Jérôme Vignon, à la tête de l'Onpes. Près de deux millions de personnes vivaient en 2009 avec moins de 640 euros mensuels (40% du niveau de vie médian), soit 3,3% de la population, un taux "en nette progression" (2,7% en 2000). Les personnes en grande pauvreté se trouvent dans une sorte de "halo du chômage", dont les chances de sortir "sont très faibles, en raison du cumul de handicaps lourds, notamment en matière de santé, d'éducation et de logement". Ce "cercle vicieux de la pauvreté (...) constitue un noyau dur de l'exclusion dans notre pays : des femmes chefs de famille monoparentales et leurs enfants, des hommes isolés et dépourvus de qualifications professionnelles, des femmes seules et âgées".
Peu de chance d'accéder à des emplois durables et de qualité
Quant à ceux qui travaillent, l'Onpes s'inquiètent des personnes aux "qualifications insuffisantes" que "le fonctionnement sélectif du marché du travail prive quasiment de toutes chances d'accéder à un emploi durable et de qualité", comme l'attestent les statistiques du chômage de longue durée.
"Il vaut mieux avoir un emploi pour éviter la pauvreté mais il n'en prémunit plus autant qu'avant", résume Jérôme Vignon. A défaut d'un soutien spécifique aux travailleurs pauvres, "il faut s'attendre en 2012 à une augmentation sensible du nombre de personnes en situation de pauvreté", prévient-il. Malgré ce sombre tableau, l'Onpes note que les prestations sociales permettent de "réduire de huit points la part des personnes sous le seuil de pauvreté". "Nous livrons un message d'alarme mais aussi de confiance car la France a su grâce à un système complet et sophistiqué" de protection sociale, limiter les effets de la crise, a ajouté M. Vignon.
L'Onpes relativise également les chiffres de l'emploi en Allemagne, meilleurs qu'en France mais qui s'accompagnent de "réduction de salaires", "d'une sensible précarisation de l'emploi" et d'une hausse de la pauvreté (12,2% en 2005 contre 15,6% en 2010). L'Onpes prône notamment une revalorisation des minima sociaux

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