Abdallah al-Senoussi était en fuite depuis la fin de la révolution libyenne. Samedi 17 mars, il a été arrêté en descendant d'un vol entre le Maroc et la Mauritanie, muni d'un faux passeport malien. Beau-frère de l'ancien "Guide de la révolution"Mouammar Kadhafi, le nouveau détenu a longtemps été le chef des renseignements militaires de Libye. Il faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international par Interpol pour  "crimes contre l'humanité", "détournement de fonds publics et abus de pouvoir pour un bénéfice personnel".
La France a immédiatement demandé son extradition, afin qu'il soit jugé dans l'hexagone. "Abdallah Senoussi a été condamné par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité dans l'affaire de l'attentat terroriste du 19 septembre 1989 contre le vol UTA 772, qui a coûté la vie à 170 personnes, dont 54 Français", a expliqué l'Elysée. D'autre part, la Cour pénale internationale(CPI) et la Libye ont également demandé l'extradition du colonel libyen.
La Libye peut se fonder sur une convention d'assistance judiciaire liant les pays membres de la Ligue arabe, signée àRyad en 1983 et ratifiée par Nouakchott, la capitale mauritanienne, en 1985 et par Tripoli en 1988.
De son côté, l'association des familles de l'attentat du DC10 d'UTA a estimé que la France a l'avantage de "l'antériorité" sur la CPI et la Libye, dans sa demande d'extradition. L'organisme judiciaire international l'avait, lui, réclamée le 27 juin 2011. 

Selon un avocat du barreau de Nouakchott, les demandes doivent aussi être examinées par "un tribunal compétent" mauritanien.