samedi 17 mars 2012

La défense du GI meurtrier s'organise



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Par Maurin PicardMis à jour  | publié  Réactions (63)
Le sergent Robert Bales, à gauche sur la photo, a été plusieurs fois décoré. Il a passé 37 mois en Irak et est père de deux enfants.
Le sergent Robert Bales, à gauche sur la photo, a été plusieurs fois décoré. Il a passé 37 mois en Irak et est père de deux enfants. Crédits photo : Spc. Ryan Hallock/AFP

Soldat aux brillants états de service, le sergent Robert Bales, auteur du massacre de civils afghans, ne voulait pas retourner en opérations. Il est arrivé sur le sol américain samedi.

L'armée américaine ne voulait prendre aucun risque. Le sergent Robert Bales, auteur du massacre toujours inexpliqué de seize civils afghans, le 11 mars dans la province de Kandahar, a été transféré vendredi du Koweït, où il se trouvait depuis deux jours, vers les États-Unis et la prison militaire de haute sécurité de Fort Leavenworth (Kansas). Officiellement, aucun centre de détention en Afghanistan ne présentait «les conditions de sécurité appropriées», selon le capitaine John Kirby, porte-parole du Pentagone. Cette décision a déclenché un vent de colère en Afghanistan, où les autorités appelaient à la tenue d'un procès public, afin de calmer la rue. Bien que le tueur présumé, un sergent de 38 ans originaire de la base de Lewis-McChord (Nord-Ouest), marié et père de deux enfants, se trouve désormais sur le sol américain, Washington a laissé entendre que le procès pourrait malgré tout se tenir en Afghanistan et confirmé que le suspect serait jugé pour «des crimes majeurs». Il pourrait de ce fait encourir la peine capitale.
Son identité a été révélée verndredi par l'armée. Elle avait été gardée secrète pendant une semaine, dans le but de protéger sa famille, réfugiée dans l'enceinte de Lewis-McChord. «Ils sont complètement en état de choc, assure John Henry Browne, un célèbre avocat américain qui assurera la défense du prévenu devant les tribunaux militaires. C'était quelqu'un de très policé, qui n'avait jamais dit du mal des musulmans.»
Browne, une gloire du barreau de Seattle, est apparu sur les écrans de télévision américains vendredi matin, après la divulgation de rumeurs alarmantes sur les causes supposées du massacre. «Un cocktail explosif de stress, d'alcoolisme et de problèmes maritaux», selon le quotidienUSA Todaycitant une source proche de l'enquête. «C'est un tissu de mensonges», a contre-attaqué John Henry Browne sur NBC, évoquant le mariage «fabuleux» de son client, mais se disant «inquiet» pour sa «santé mentale» après l'avoir trouvé «prostré et confus» lors d'une brève conversation téléphonique.
Cette campagne de diffamation n'aurait qu'un but, selon la défense: discréditer le soldat pour préserver l'institution. «Le procès sera plus politique que judiciaire», prévient Emma Scanlon, une associée de Browne. D'après ce dernier, l'auteur des faits serait un tireur d'élite de la 3e Stryker Brigade Combat Team, 2e division d'infanterie, aux états de service irréprochables, plusieurs fois décoré et deux fois blessé au combat. La veille du forfait perpétré dans le district de Panjwayi, il aurait assisté à un événement «horrifique», un de ses camarades ayant eu la jambe arrachée sous ses yeux par une déflagration.
Après trois tours d'opérations éprouvants en Irak, il aurait demandé à ne plus repartir au combat et à être nommé instructeur; une requête rejetée. «Il n'était pas réjoui à l'idée d'être à nouveau déployé, précise Browne. On lui a d'abord dit qu'il ne repartirait pas, et puis on lui a dit que si, il repartait.»

Menaces des talibans

La défense pourrait s'articuler autour d'un cas non décelé de stress post-traumatique (PTSD), suggère l'avocat, évoquant «un examen (médical) minimal» juste avant le départ pour l'Afghanistan en décembre, malgré une commotion cérébrale après l'explosion d'une bombe artisanale sous son véhicule lorsqu'il se trouvait en Irak et un pied en partie amputé après une autre blessure au combat.
Ces détails pourraient in fine sauver la tête du sous-officier à l'issue de son procès, mais n'apporteront guère de réconfort aux soldats américains en Afghanistan, où l'arrivée du printemps laisse augurer une offensive générale imminente des talibans. En guise de représailles, ceux-ci ont menacé de décapiter tout Américain qui tomberait entre leurs mains.

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