mercredi 21 mars 2012

La crise syrienne a d"énormes répercussions" sur le monde, dit l'Onu



Tirs d'artillerie sur Rastan et un quartier de HomsMoscou adopte un ton nouveau, moins favorable à DamasUn groupe intégriste sunnite revendique un attentat

Le secrétaire général des Nations unies a estimé mercredi, alors même que des combats faisaient rage dans des faubourgs de Damas, que la crise en Syrie était extrêmement alarmante et avait d'"énormes répercussions" sur le reste du monde.
"Nous ignorons comment la situation va évoluer, mais nous savons que nous devons tous oeuvrer à ce qu'une solution soit trouvée à cette crise profonde et extrêmement dangereuse", a déclaré Ban Ki-moon à Djakarta, en Indonésie.
La Syrie occupe une position-pivot, au coeur d'une série de conflits régionaux proche-orientaux où se brassent tendances religieuses, communautés ethniques et confréries, et nombre de diplomates craignent que la crise syrienne ne dégénère en une guerre civile pleine et entière.
Les forces du régime du président Bachar al Assad ont enregistré des victoires sur les insurgés dans certaines régions ces dernières semaines, mais les violences ne ralentissent pas. Plusieurs offensives militaires étaient encore signalées mercredi.
Dans la nuit de mardi à mercredi, l'armée syrienne a bombardé deux grands faubourgs de la capitale, Harasta et Irbine, survolés selon des opposants par des hélicoptères de l'armée. Ces pilonnages ont fait suite à une série d'opérations lancées mardi soir par les insurgés de l'Armée syrienne libre (ASL), a déclaré un militant de l'opposition.
D'autres opposants ont fait état de pilonnages près de l'autoroute reliant Damas à la deuxième ville du pays, Alep, et au nord du quartier damascène de Barzeh.
Les faubourgs de la capitale sont constitués d'une série de localités peuplées essentiellement de sunnites, communauté majoritaire en Syrie, où la minorité alaouite, une branche du chiisme, tient les rênes du pouvoir.
INFLÉCHISSEMENT DE LA POSITION RUSSE
Harasta et Irbine avaient été repris aux insurgés il y a deux mois mais ces quartiers ont été le théâtre d'un regain de violences ces derniers jours.
Dans le reste du pays, l'armée a tiré au mortier sur le quartier de Khalidia à Homs, au lendemain de la mort de 14 personnes dans le même quartier à la suite d'autres tirs de mortier, dit l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme (OSDH), organisation d'opposition basée en Grande-Bretagne.
L'artillerie syrienne a également pris pour cible la ville insurgée de Rastan, au nord de Homs, dans le centre du pays, mais aussi Kala Moudik, au nord-ouest de Hama, rapportent des opposants.
Des intégristes sunnites d'une organisation s'intitulant "Soldats du front de l'assistance" ont revendiqué un double attentat à la bombe commis samedi dernier à Damas contre des bâtiments de la sécurité, qui a fait 27 morts et 140 blessés, et juré de commettre d'autres attaques de ce genre.
En parallèle aux gains enregistrés par son armée sur le terrain, le régime Assad semble avoir subi un revers sur le front diplomatique, la Russie, alliée de longue date de Damas, adoptant un ton nouveau, plus incisif envers le pouvoir syrien, après l'avoir soutenu depuis le début de l'insurrection.
"Nous pensons que les dirigeants syriens n'ont pas eu la bonne réaction lorsqu'ont commencé les manifestations pacifiques et continuent de commettre de nombreuses erreurs", a déclaré mardi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, à la station de radio russe Kommersant-FM.
"Cela, malheureusement, a fait basculer le conflit dans une situation d'une telle gravité", a-t-il ajouté.
PAS D'ACCORD AU CONSEIL DE SÉCURITÉ
Sergueï Lavrov a également évoqué une période de "transition future" pour la Syrie, tout en continuant de rejeter les appels à la démission d'Assad lancés par la majeure partie des pays occidentaux et arabes et jugés "irréalistes" par Moscou.
"Ce qui change, dans la position de la Russie, c'est le ton, pas le fond. Moscou maintient son soutien à Assad, dans le cadre de sa stratégie régionale, mais perd le soutien du peuple syrien, ce qui pourrait avoir des retombées négatives pour la Russie si le régime syrien vient à tomber", a déclaré une personnalité de l'opposition syrienne, Nadjati Tayyara.
La Russie et la Chine ont à deux reprises opposé leur veto à des projets de résolution sur la Syrie, dont le dernier appuyait le plan de sortie de crise de la Ligue arabe prévoyant la mise à l'écart de Bachar al Assad.
Mardi soir, le Conseil de sécurité de l'Onu n'est pas parvenu à s'entendre sur une déclaration de soutien aux efforts de Kofi Annan, émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe sur la Syrie, en vue de parvenir à un arrêt des violences.
Les 15 pays membres du Conseil ont participé à deux séances de discussions à huis clos sur ce projet de texte, qui "soutient pleinement" les efforts de Kofi Annan et menace le régime de Bachar al Assad d'"initiatives supplémentaires" en cas de non respect des demandes du Conseil dans un délai de sept jours.
A l'issue de ces discussions, le représentant russe, Vitali Tchourkine, a laissé entendre devant la presse que son pays était prêt à soutenir cette déclaration. Prié de dire pourquoi le Conseil n'avait pas déjà approuvé le texte, il a répondu: "Certains ont besoin d'instructions. Nous étions prêts à y aller."

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