samedi 17 mars 2012

La Bourse de Paris à la recherche de carburant pour confirmer son embellie :




Le bâtiment historique de la Bourse de Paris
La Bourse de Paris, revenue à ses plus hauts niveaux depuis sept mois grâce à un climat plus favorable en Europe et à de solides statistiques aux Etats-Unis, pourrait manquer de carburant la semaine prochaine pour confirmer cette embellie.
Sur la semaine écoulée, le CAC 40, l'indice vedette parisien, a pris 3,08%, pour terminer vendredi juste en dessous des 3.600 points à 3.594,83 points. Depuis le 1er janvier, ses gains sont portés à 13,77%.
"Nous avons eu cinq séances consécutives de hausse en grande partie grâce aux annonces de la Réserve fédérale américaine", note Aymeric Diday, gérant de portefeuilles pour la banque Pictet.
L'institut monétaire a laissé, comme prévu, son principal taux directeur extrêmement bas, tout en constatant des signes de redressement de l'économie et de relâchement des tensions dans le système financier.
Le marché a également été rassuré par les solides résultats des banques américaines aux tests de résistance, réussis par 15 des 19 sociétés concernées dont Bank of America, Goldman Sachs, JPMorgan Chase et Morgan Stanley.
"C'est une très bonne chose d'être assurés que la plupart des établissements sont à même de survivre à un autre krach financier", souligne Paul Ashworth de Capital Economics d'autant que ces tests étaient très rigoureux.
Fort de ces éléments, Wall Street a regagné le terrain perdu depuis la crise des subprimes, se retrouvant à ses niveaux de fin 2007, un excellent catalyseur pour la Bourse de Paris.
L'accalmie en zone euro, et notamment en Grèce, a aussi soutenu la tendance.
L'Union monétaire a confirmé le lancement du deuxième plan d'aide à Athènes, d'un montant de 130 milliards d'euros pour 2012-2013. Et le Fonds monétaire international (FMI) a avalisé un nouveau programme d'assistance de 28 milliards d'euros pour le pays.
Pour Guillaume Garabédian de Meeschaert Gestion Privée, avec ses deux annonces "le risque systémique semble définitivement écarté et les investisseurs vont pouvoir se focaliser de nouveau sur la croissance".
A cet égard, les statistiques, publiées mardi et mercredi prochains, sur les mises en chantier et les reventes de logements en février aux Etats-Unis seront particulièrement suivies par les intervenants.
"Le chômage montre de véritables signes d'embellie outre-Atlantique, mais nous avons encore des inquiétudes sur le secteur du BTP", relève M. Garabédian.
Les dépenses consacrées au bâtiment et aux travaux publics ne parviennent notamment pas à enrayer leur chute avec un nouveau recul enregistré en 2011 pour la cinquième année d'affilée.
Même si la saison des résultats est terminée, la microéconomie devrait aussi être au coeur des préoccupations.
"Les mouvements de capitaux commencent à repartir et les investisseurs ont de nouveau le goût pour les grandes manoeuvres", souligne M. Diday.
L'entrée cette semaine du Qatar au capital des poids lourds de la cote Total et LVMH illustre ainsi l'appétit des intervenants étrangers pour les valeurs françaises.
Et le désengagement du Groupe Bruxelles Lambert (GBL) du milliardaire belge Albert Frère de Pernod-Ricard et d'Arkema s'est fait à un prix valorisant honorablement les deux sociétés, ont souligné plusieurs analystes.
Le marché risque toutefois de manquer de carburant alors qu'aucune actualité macroéconomique majeure n'est attendue la semaine prochaine des deux côtés de l'Atlantique.
Pour Franklin Pichard, "nous allons peut-être dépasser les 3.600 points, mais, à ce stade, les investisseurs auront tendance à repasser à la vente car ils n'attendent pas de nouvelles suffisamment importantes pour avoir envie de renforcer véritablement leurs positions".
Le pétrole, dont le baril se maintient autour des 125 dollars, reste aussi l'épée de Damoclès qui pèse sur les marchés car il risque à moyen terme de gripper encore davantage la croissance poussive de la zone euro.

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