samedi 24 mars 2012

FESF : la zone euro divisée



AFP Mis à jour  | publié  Réagir

La zone euro reste divisée sur l'intérêt d'accroître son Fonds de secourscontre la crise de la dette alors qu'une décision doit être prise à la fin du mois, l'Allemagne et la Finlande en particulier traînant des pieds du fait de l'accalmie sur les marchés.
Ces tiraillements sont clairement apparus lors d'une réunion aujourd'hui lors d'une réunion informelle de responsables européens organisée par le gouvernement finlandais en Laponie. La Finlande a fait savoir qu'elle était au moins aussi réservée que l'Allemagne sur la nécessité d'accroître le "pare-feu" financier pour les pays fragiles de la zone euro, en dépit des appels répétées du Fonds monétaire international qui entend s'assurer que des pays comme l'Italie et l'Espagne seront durablement protégés.

Consensus nécessaire


Or, un consensus de la zone euro est nécessaire pour aller de l'avant. Et la question doit être tranchée lors d'une réunion des ministres des Finances de l'Union monétaire à Copenhague les 30 et 31 mars. "Nous sommes un peu sceptiques concernant la taille que devrait avoir le Fonds de secours", a déclaré le Premier ministre finlandais Jyrki Katainen en marge de la réunion à Sarriselkä (Nord). La question est un sujet politiquement très sensible en Finlande où l'aide apportée aux pays fragiles, notamment la Grèce, suscite régulièrement la controverse. "Le pare-feu doit être suffisamment élevé mais pas trop élevé car cela pourrait saper la confiance dans les pays solides" en matière de finances publiques, tels que la Finlande, un des quatre derniers pays de la zone euro à bénéficier de la meilleure note "AAA" chez Standard & Poor's, a mis en garde Jyrki Katainen.

Le problème est que le FMI, qui tient sa réunion de printemps mi-avril, attend que l'Union monétaire fasse le premier pas. Seulement ensuite, le FMI pourrait accroître ses propres ressources afin d'épauler la zone euro. La Banque centrale européenne et la Commission sont sur la même ligne. "La position de la BCE est claire, nous pensons que même si la crise (de la dette) s'est un peu apaisée à présent il est nécessaire d'accroître le pare-feu européen afin que nos partenaires internationaux au G20 fassent aussi un effort", a martelé en Finlande un de ses dirigeants, l'Allemand Jörg Asmussen.
Le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a appelé ne pas "se relâcher" et "à compléter la réponse globale à la crise en renforçant le pare-feu financier de la zone euro". "Nous avons pour le moment une récession modérée de l'économie européenne" mais les choses pourraient changer avec par exemple la menace posée par l'envolée des prix du pétrole, a-t-il averti. Tous malgré tout se veulent optimistes sur les chances de parvenir à un compromis.

Trois options 

La Commission a mis sur la table trois options possibles pour le pare-feu, selon un responsable de la zone euro parlant sous couvert d'anonymat. La première, très ambitieuse, reviendrait à cumuler la capacité totale théorique de prêts du Fonds de secours temporaire actuel (FESF), de 440 milliards d'euros, avec celle du Fonds permanent qui sera activé en juillet (MES), de 500 milliards d'euros. Soit 940 milliards d'euros au total. "Ce serait la meilleure du point de vue de la Commission mais elle est considérée désormais comme irréaliste", selon le responsable. L'option basse consisterait à s'en tenir aux 500 milliards d'euros du MES. Et la troisième solution intermédiaire passerait par un cumul du MES soit avec soit les 192 milliards de prêts déjà octroyés ou promis par le FESF - pour atteindre près de 700 milliards d'euros - soit avec la capacité de prêts restante du FESF (environ 250 milliards d'euros) pour avoir quelque 750 milliards d'euros. "C'est dans ces eaux là que l'on devrait aboutir" avec en sus une clause de rendez-vous mi-2013, a dit le responsable de la zone euro.

Ma liste de blogs

PARTAGER

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...