dimanche 18 mars 2012

Echo mitigé de l’Interdiction temporaire du maïs transgénique



Echo mitigé de l'Interdiction temporaire du maïs transgénique18 mars 2012
Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire a confirmé vendredi 16 mars 2012 la mesure conservatoire visant à interdire temporairement la culture du maïs transgénique Monsanto (MON810). Bien que visant à protéger l’environnement, cette mesure n’est pas appréciée à sa juste valeur. D’aucuns la trouvent tardive quand d’autres la condamne systématiquement.
Depuis le 20 février dernier, les autorités françaises avaient soumis à la commission européenne, une demande de suspension de l’autorisation de mise en culture du MON810 sur la base de nouvelles études. La commission a saisi l’autorité européenne de sécurité alimentaire (AESA) et indiqué que dans l’attente d’un avis de l’AESA, elle n’envisageait pas de prendre des mesures d’urgence. Rappelons que le moratoire lancé en 2008 avait été invalidé.
Pour l’organisme écologiste Greenpeace, cette décision est certes salutaire, mais tardive. Selon lui, les agriculteurs favorables au maïs OGM avaient le droit de le semer depuis novembre. Elle appelle à la vigilance citoyenne, car personne ne peut garantir que certains agriculteurs n’aient pu semer du maïs OGM. Les apiculteurs de l’Unaf (Union nationale de l’Apiculture française) partagent également cette inquiétude. Plusieurs personnalités ont salué cette décision. C’est le cas de José Bové, eurodéputé d’Europe Ecologie-Les Verts, qui affirme que le gouvernement a respecté ses engagements.
Mais cette décision n’est pas du goût de tout le monde. En effet, l’interprofession des semenciers, Initiatives Biotechnologies végétales (IBV) se dit consterné par cette décision. Selon les semenciers, cette décision est sans fondement et accroît la distorsion de la concurrence au sein de l’UE. En effet, selon l’IBV, le MON810 est cultivé à grande échelle dans plusieurs pays de l’UE comme l’Espagne depuis de nombreuses années sans que cela pose de problème. De son côté, l’Association française des biotechnologies végétales (AFBV) dénonce le signe négatif envoyé par le gouvernement aux acteurs des filières agricoles et agro-industrielles par cette décision. Selon elle, cette décision sacrifie la recherche française dans le domaine des biotechnologies végétales.
Quels sont les arguments qui justifient cette décision
A la lecture de l’arrêté, il ressort que :
  • L’évaluation des risques associés à la culture du maïs MON810 n’était pas rigoureuse
La directive européenne 90/220CE ayant permis la mise sur le marché du maïs Monsanto comporte de grandes faiblesses au niveau de l’évaluation des risques liés à la culture de ce maïs. Il a fallu l’abroger et la remplacer par une autre directive (2001/18 CE). Par ailleurs, le 4 décembre 2008, il a été reconnu que les procédures d’évaluation des risques environnementaux de la culture du MON810 gagneraient à être renforcées en prenant en compte l’incidence sur les insectes non cibles, l’incidence sur les milieux récepteurs sans oublier de considérer les conséquences à long terme.
  • L’AESA n’a pas tenu compte des conclusions du conseil
Dans sa décision de renouveler l’autorisation de la culture du MON810 qui est intervenue le 15 juin 2009, l’AESA a royalement ignoré les conclusions du conseil, contrairement aux dispositions
  • Toutefois, l’AESA va prononcer la dangerosité de la culture du MON810
Se prononçant sur le maïs Bt11, l’AESA a indiqué que, du fait de la production de la toxine Cry1Ab, ce maïs favorisait la mortalité des lépidoptères et renforçait la résistance des insectes ravageurs. A noter que les lépidoptères deviennent des papillons à l’âge adulte. A cette occasion, l’AESA n’a pas manqué de préciser que ces conclusions sont valables pour le maïs MON810 puisqu’il produit la même toxine Cry1Ab. Il convient de préciser que cet avis de l’AESA date du 8 décembre 2011 et jusqu’à ce jour aucune mesure de surveillance ni d’urgence n’a été prise ni par l’AESA, ni par la Commission européenne en charge de la question.
Eu considérant ces quelques arguments, la décision des autorités apparaît effectivement salutaire comme l’a indiqué Greenpeace.

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