lundi 30 janvier 2012

Le "médecin" Sarkozy accusé "d'achever le malade"



le 30 janvier 2012 à 07h59 , mis à jour le 30 janvier 2012 à 11h10
REACTIONS - A moins de trois mois du premier tour de la présidentielle, la gauche estime qu'avec ses "mesures ficelées à la hâte", Nicolas Sarkozy "a joué son va-tout". Au gouvernement, on loue au contraire des "mesures fortes" qui permettront de "remettre les gaz pour sortir du trou d'air".
Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée du 29 janvier 2012Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée du 29 janvier 2012 © A.F.P. / L. Bonaventure
La question
Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée depuis l'Elysée le 29 janvier
Intervention télévisée de Nicolas Sarkozy : avez-vous trouvé le président
Convaincant
Pas convaincant
 
REACTIONS A DROITE
François Fillon : "des mesures fortes (...) au service des Français"Aux yeux du Premier ministre, "le président de la République a montré ce soir, en annonçant des mesures fortes, sa détermination à agir au service des Français. Alors que la France est en proie à une crise économique grave, qui touche l'ensemble des pays européens, perdre du temps, comme le suggèrent certains, serait agir contre l'intérêt national".
Valérie Pécresse : "remettre les gaz pour sortir du trou d'air"La ministre du Budget et porte-parole du gouvernement a estimé sur France Info qu'il fallait "remettre les gaz pour sortir du trou d'air", commentant les mesures pour l'emploi et la croissance annoncées parNicolas Sarkozy. "Nous devons tout mettre en oeuvre et faire les réformes qui relanceront la croissance et l'emploi en France", a-t-elle expliqué, en énumérant les mesures en faveur du "logement, du financement de la protection sociale, de la baisse du coût du travail ou les accords de compétitivité" dans les entreprises.
Xavier Bertrand : "l'emploi, l'emploi, l'emploi""Pour Nicolas Sarkozy", analyse le ministre du Travail, "la priorité est la même que celle des Français: l'emploi, l'emploi, l'emploi. Et au-delà des mesures décidées lors du sommet pour l'emploi, il en faut d'autres plus structurelles comme la baisse des charges sur le travail. C'est dès maintenant qu'il faut prendre de nouvelles décisions, non seulement pour éviter l'explosion du chômage, les délocalisations, et pour se donner les moyens d'une baisse durable et importante du nombre de demandeurs d'emplois. Un président dans l'action plutôt que des candidats dans de vagues déclarations d'intention, voilà ce que veulent les Français".
Claude Goasguen : "courage et lucidité"Le conseiller politique de l'UMP et député-maire du XVIe arrondissement de Paris estime qu'avec "beaucoup de courage et de lucidité, le président de la République a présenté aux Français des solutions sur les sujets les plus préoccupants : l'emploi, la réindustrialisation, la compétitivité des entreprises et la volonté de protéger notamment les classes moyennes de toute augmentation fiscale (...) Sa détermination tranche avec le discours lénifiant de François Hollande qui, loin d'appeler les Français à l'effort, leur laisse entendre que tout serait possible sans tenir compte du contexte grave que notre pays connait face à une crise mondiale sans précédent".
Dominique de Villepin : des mesures qui "viennent trop tard"Dominique de Villepin a estimé lundi sur iTélé qu'il y avait de "bonnes idées" parmi les mesures annoncées dimanche soir par Nicolas Sarkozy mais a regretté que celles-ci "viennent trop tard". "Se battre pour la compétitivité oui, c'est une bonne chose", a estimé l'ancien Premier ministre. Mais "ce que je crains, c'est que ces idées soient gâchées par la précipitation".

REACTIONS A GAUCHE
Aubry a trouvé Sarkozy "un peu perdu"La Première secrétaire du Parti socialiste a expliqué lundi sur RTL qu'elle avait trouvé Nicolas Sarkozy"un peu perdu" lors de son intervention télévisée. Selon elle, le chef de l'Etat "est candidat, nous le savons tous", mais "on a l'impression qu'il pense avoir déjà perdu, il y a beaucoup d'improvisation, notamment sur le logement".
Pierre Moscovici : Sarkozy "fait payer son pseudo-courage aux autres"Pour le directeur de campagne de François Hollande, l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozydimanche soir a "confirmé l'échec" de son quinquennat. Pierre Moscovici a reproché au chef de l'Etat de "faire payer son pseudo-courage aux autres". Et de dénoncer sur France 3 : "Tout ce qu'il a annoncé, ce sont des coûts pour les salariés, ce sont des injustices massives et ce sont des augmentations d'impôt dures. C'est une émission qui aura confirmé ce qu'est ce quinquennat: un échec. Le thème qu'il utilise, c'est le courage, mais le courage ce n'est pas l'injustice".
François Rebsamen : "l'affolement d'un président aux abois"Pour le président du groupe socialiste au Sénat, "Nicolas Sarkozy a tenté en vain, ce soir, d'endosser les habits du Capitaine courage, mais il faisait plutôt penser aux médecins de Molière qui à force de saignées, achevaient le malade qu'ils étaient censés guérir. Le Président sortant a joué son va-tout, multipliant une de fois de plus les effets d'annonces et les changements de cap, pour tenter de reconquérir l'adhésion des Français. Ces mesures ficelées à la hâte, prises à deux mois de la fin de son quinquennat, sont le signe de l'affolement d'un président aux abois".
Jean-Luc Mélenchon : "Standard and Poor's a été obéie""Nicolas Sarkozy vient d'annoncer un troisième plan d'austérité", estime le candidat du Front de gauche à la présidentielle, en commentant sombrement : "Standard and Poor's a été obéie. Cela va saigner. La ponction annoncée pour servir la finance sera supportée à 85% par les ménages. Le capital y contribuera six fois moins. J'annonce même qu'il n'y contribuera pas du tout. Car les mesures qui frappent le peuple s'appliqueront tout de suite, tandis que celles qui toucheraient le capital sont reportées au lendemain de l'élection. Des milliers de jeunes seront poussés hors de l'école pour aller en apprentissage. Terrible nouvelle, les salaires et le temps de travail seront négociés dans l'entreprise et la loi n'y pourra rien. Enfin le logement sera de nouveau dérégulé, soi-disant pour baisser les loyers. Jusqu'au bout, le président sortant aura cherché à enfumer les Français".
Marie-George Buffet : "injuste et inefficace"Pour la députée communiste et ancienne patronne du PCF, "le candidat président a mobilisé six chaînes pour nous rejouer la partition de l'austérité obligatoire. Décidément au Fouquet's on nous repasse toujours les mêmes plats : serrage de ceinture pour les salarié-e-s et cadeaux aux patrons avec en prime la casse du code du travail au nom de la "négociation" par entreprise. Nouvelles exonérations patronales du financement de la sécurité sociale mais augmentation de la TVA qui est l'impôt le plus injuste (...) Avec la remise en cause du droit aux 35h, on demande aux salariés de choisir entre leur emploi ou leurs salaires ; ou travailler plus ou gagner moins ! Tout cela est injuste et inefficace". 
Nathalie Arthaud : "une offensive au service du patronat"Pour la candidate LO à la présidentielle, "Sarkozy n'en a peut-être plus pour très longtemps à l'Elysée, mais le président des riches aura vraiment tout fait pour servir sa classe jusqu'au dernier euro. Quant à nous, les travailleurs, il nous faudra riposter comme il se doit dans la rue, dans les entreprises, dans les luttes, pour déjouer cette nouvelle offensive au service du patronat".
REACTIONS DES PARTENAIRES SOCIAUX
Force Ouvrière : "une erreur économique et un danger social""Force ouvrière confirme que toute augmentation de la TVA constitue une erreur économique (risque de baisse de la consommation, vision erronée de la compétitivité) et un danger social (baisse du pouvoir d'achat et remise en cause du financement des allocations familiales) (...) Au final, il n'en reste pas moins que pour sortir de la crise en France comme ailleurs et en Europe il faut sortir du libéralisme économique et de l'austérité économique, salariale et sociale".
Le Medef "prêt à ouvrir immédiatement une négociation""Le Président de la République a annoncé une série de mesures favorables à l'économie française et susceptibles de donner des atouts compétitifs nouveaux à nos entreprises. Un transfert des charges familiales, payées aujourd'hui par les cotisations patronales, vers le budget de l'Etat via une hausse de la CSG appliquée aux revenus financiers et de la TVA donnera des marges de manoeuvre nouvelles aux entreprises. Rappelons que le taux de marges des entreprises françaises est de 30,2 % alors qu'il est de 41,3 % en Allemagne. La perspective d'accords d'entreprise "compétitivité-emploi" permettra de faire face avec souplesse et dans le dialogue social à toutes les évolutions de conjonctures. Le Medef se tient prêt à ouvrir immédiatement une négociation avec les organisations syndicales sur le sujet afin de définir le cadre de tels accords".
La CGPME "grandement" satisfaiteLe président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), Jean-François Roubaud, s'est dit "grandement" satisfait par les mesures en faveur de la compétitivité des entreprises annoncées par le président Nicolas Sarkozy. "J'ai trouvé au moins deux ou trois annonces qui me satisfont grandement", s'est-il réjoui sur France Info. Il a évoqué le "financement de la protection sociale qui pour la première fois ne sera plus assis en totalité sur les salaires" et se traduira par "une baisse du coût du travail". C'est "essentiel" et "le mouvement est pris" même "si c'est sans doute un petit peu moins important que ce que l'on aurait souhaité", a-t-il souligné. Le président de la CGPME a salué aussi "l'augmentation du coefficient d'occupation des sols de 30% qui va relancer le logement, faire baisser les prix et faire travailler les entreprises du bâtiment qui en ont bien besoin" tout comme la création d'une Banque de l'industrie. Interrogé sur les pactes compétitivité-emploi, il a répondu que "ça concerne essentiellement les grandes entreprises" mais assuré qu'il encouragerait aussi la conclusion de tels accords dans les PME.

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